Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOlllE SOCJ.\LIS'l'E i75 ine~périmenlés peuvent ,e figurer que • cet e\emple, ronronné d'un lPl succès, a été donné en vain au monde. l\r voyo/1.\-11011, pn~ q11rlle(rrmrntatirm de., r,prits rn r.<t ri,11/t•'r prùi.,rmrul che=CP.<An9lai,, qui 11a(J11ùr,e 1corc étaimt si /irrs de leur Constitution et, eu l(Jard à cr(/e des aulres pay,, avaient le droit de Nire? Si le bois vert s"allume ainsi, que sera-ce du bois sec!,, D••jà Thomas Paine, à la fin de son livre sur lrs Droits de l'Homme, avait annoncé toute une germination d'idées ÙP liberté. • L'homme, dit-il, qui, à la fin de l'hiver, a cueilli une branche dans la for~t et ,ur crue branche con~late un bourgeon pr~t à s·ouvrir, duit bi1•n s'imaginer que ,ur toutes les autres branches rl'aulres bour:.:eons aussi sont pri's d"éclore. Ainsi les pensées nouvelles qui s'éwillenl en l'un de nou•: sont le si~ne que des pen,ées analo~urs commencent à ,011,rir en ht•"ucoup d"t·,.prits. » Mais c'étaient là des conjecture, Lien inc,·rtaines, car la ,égd.alion des idées n'ohéit pas à des lois de simultanéité, à des crises de saison comme la végétation naturelle, et dans la grande forêt humaine, remuée par les ,ourae, nouveau,, l'éclo,ion de quelques bourgeons e,t parfois sin:,ulièremenl hâtive, et cle\'ance do loin le lr.t\'ail des sèves el de, esprits. Godwin, dans le chapitre 1" du 4• line deE11q11iryconcerni119µolitical jmliu, ré,ligé de 1701 à 1703, dit ceci : • Ilien n'est plu, farile. pour nn homnw ,l'un tempérament nn 1,cu vif, que ùe s·e,a!lérer à lui-même la force de son parti. Il n·a peut-t'trll de relations qu'a\'ec des hommes qui p"ns,•nt comme lui, el un tout petit nc,mhr• d'inùi\·itlus lui parait être le mont!" enlier. Demandez à tle, homme, de kmpéramenls cliff,•rents cl 1l'habitufll'< de vie différrnle:l combien il y a, à celle heure. de républicains en Cco,,e l't en .\11::lcterre, rt vous vou., heurtcr~z immédiatement aux réponses les pins contra·licloires. • Combien de républicains? li suffisait qu'on p0t se poser celle question pour Nr,• ,Or qu'il y a1ail dans 1'1•,prit angl.iis une grande a~itnlion et 1111 grand trouhlr. Dans les commencements de 1792 sr manifestaient partout des forces d'oppo~ition. Les Sociéll\, politiques pullulère,,t dan, tout le royaume. Le cordonnier Thomas Hardy, "Écossais de naissance, établi à Londres, fondait, le 25 jamier, h Société des Corre~po11da111sde Lonrlre,, dhisé,• en ~relions de quarante-cinq membres, el étendant ses rameaux dans tout le pa)'S. Au dire de Hardy, elle complait à la fin de l'année \'ingt mille membres, • nombre qui dopasse de beaucoup le corps cnlil'r f!'électeurs dont dépend une majoi-ilé à la Chambre des Communes"· Mais à ce, mou,rmcnls de rHormc s'oppo,aienl des forces de résistance et de con,cr\'ation formidables. Q11el•1ueoligarchique que fOt la Chambre des comm11nes. cil,• et1t céu,\ au moins en partie, auA forces de dtn10cratic cl de progrès si celles-ci arnicnt élé dominantes.

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