Jean Jaurès - La Convention I

" ' UISTOII\E SUCIALISTE homme! Les mcrceuüres s'enfuirent, elle chassa ses ennemis el rossa bienLOIil', ,k-potes, homme 1 • Que J'Aui:l..terre se l'ante de son chêne robuste, de son peuplier, de ,on ,apin, hon11nc ! L, ,ieillo Angleterre jadis pouvait rire, el briller plus que se, ,·oisins, homme. ~ais cherchez et cherchez dans la forèl, el vou s con, iendrfz bientôt, homme, qu'un pareil arbre ne se trouve pas entre Loutlrcs et T11eetl,homme 1• ELBurns termine par des paroles àpres, mais tempérées d'une belle espérance. • Sans cet arbre, hélas l oette vie n'est qu'une vallée de chagrin, homme, une scène de douleur mêlée de labeur; les vraies joies nous sont inconnues , homme, et tout le bonheur que nous aurons jamais est celui au delà de l a tombe, homme! • A,cc beaucoup de ces arbres, je crois, le monde vivrait en paix, homme, l'épée servirait à faire une charrue, le bruit de la guerre cesserait, homme ; comme des frères en une cause commune, nous serions souriants l'un pou r l'autre, homme, el des droits égaux el des lois égales réjouiraient toutes le s Iles, homme! ")lalheur au vaurien qui ne voudrait pas manger celle nourriture délicate el saine, homme l Je donnerais mes souliers de mes pieds pour goûte r ce fruit, je le jure, homme. Prions donc que la vieille Angleterre puiss e planter ferme cet arbre fameux, homme, et joyeusement nous chanterons e t saluerons le jour qui nous donne la liberté, homme! " Ain,i, par Wordsworth, par Coleridge, par Burns, nous voyons qu'en bien des àmes nobles la Révolution faisait nne impres~ion profonde. Ce n'étai t pas seulement l'esprit des hauts jurist.es comme )lackinlosh qui était ému par la logique de l'idée de démocratie. C'étaient les cœurs de poètes qu i s'animaient pour la liberté, pour l'humanité, pour l'uoiver,elle paix. N'y avait-il là que la sublime émotion de quelques intelligences d'élite? ou bie n traduisaient-elles un mouvement plus vast.e? Etait-ce Je jaillissement d e sources solitaires ou bien ces vives eaux révélaient-elles une grande napp e profonde de ré1olulion? Les contemporains étaient Lrèspartagés sur la force el l'étendue du mouvement révolutionnaire anglais. Selon les uns, il étail restreint el superficiel ; selon les autres, au contraire, il était capable de tout renouveler et de tou t emporter. Le dclégué suisse dont j'ai parlé, Dehuc, écrit de Londres à ses concitoyens : • Ne croyez point ceux qui vous disent qu'ici une Révolution se prépare. • Mais c'est J'indice que des rumeurs inquiétantes se répandaien t en Europe. Wieland, pour avertir les princes allemands de la nécessité des réformes, note, en janvier 1703, les commotions de la terre anglaise. La chute de Louis XVl est un eAemple formidable, et seuls les homwes d'f:tat les plua

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