HISTOllll!: SOCIALISTE 71}9 qui lraversail la salle, el s'arrêtanl au pied de la tribune, dil: • Moi, Robes- • pierre, je L'accuse.» On ccnnalt bien l'issue peu glorieuse de celle attaque. On sail comment celui qui avail lancé cc terrible lrail de foudre, le seul homme audacieux dont la voix avait sonné l'assaut, rut abandonné sans compagnon el sans soutien dan~ l'accomplissemenl de ,;on périlleux devoir, el se retira en gémissant que le meilleur secours du ciel se dépensât en vain pour des hommes gui se manquaient à eux-mêmes. « ~lais de ces choses je parle, parce qu'elles furent dans ma pensée personnelle ou des orages, ou des éclaircies de soleil, pas pour autre chose. Laissez-moi dire maintenant comment le plus profond de mon âme était agité lorsque je vis que la liberté, la vie et la mort seraient bientôt, dans les coins les pl us reculés du pays, à la merci de ceux gui dirigeaient la capitale, quel était l'objet de la lutte et par quels comballants la victoire serait remportée; l'indécision clu parti qui avait Je but le meilleur, et la marche toute droite de ceux qui étaient forts, malgré leur impiété, dans l'allaque el dans la défense Ah I comme je priais alors pour qu'à travers toute la terre, chez tous les hommes, la raison, par un patient exercice, devint digne de la liberté I que tous le!>esprits, pleins de zèle, s'ouvr issenl à la lumière sainte du vrai 1 « Ainsi tomberait le poison des langues mauvaises; ainsi des quatre coins du monde aftluerait vers la France une rorce birnfaisanle, qùi lui permellrait d'accomplir ce que sans secours elle ne pouvail réaliser : une œuvre Loule pure. Ne croyez pas que j'aie ajouté à celle prière un vœu de salut; car, j'étai, aussi exempl de doute el d'inquiétude sur la fin des choses que les anges le sont du péché. « Mais Je m'affligeais de toul le mal mêlé à l'inévitable progrès des événemenls; je cherchais un moyen de Je combattre el d·y remédier. El moi, étranger insignifiant el obscur, mal doué d'ailleurs du pouvoir clel'éloquence même dans ma langue nalale, Lout à fait impropre au Lumulle el à lïnlrigue, j'aurais voulu cependant de toul cœur, à ce moment, assumer pour une aussi grande cause un service même dangereux. Je me disais combie11de fois le destin de l'homme a dépendu de quelques personnes; quïl y avait, au dessus du palrimoine local une seule nature humaine comme il y a un seul soleil dans Je ciel; qu'ainsi les objels même les plus grands pouvaicnl tomber sous Je rayon des yeux les plus humbles; que l'homme n'esl faible que par sa défiance el son défaut d'espoir, alors que pourtant le témoignage divin lui signifie qu'espérer est encore la chose la plus sûre. » Ainsi Wordsworth s'etrorçait de dominer ce cauchemar de septembre qui hantait ses nuits, pour garder sa sérénité d'espérance. Il aurait voulu, au péril de sa vie, épurer la Révolulion de toule violence. Mais, dans ses violences mêmes, elle reslait pour lui une promesse d'humani Lé : noble cœur qui ne fléchissait pas sous ses propres tendresses. Rappelé en Angleterre, à la fin <le 1792, il Lente de nouer à la générosité de la Ré1•0Julionfrançaise la générosilé •
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