Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOlllF: SOCI.\LISTE i!l1 • IJprté. • ~ton ;\nw boncli<,ait, ma ,·oit mélancolique se ml\lait au fh rcur. So)·ez joyeu-Ps, toutt•s les nations; dans toute, les t erres, vous qui êtes rapahles de joie, soyez joyeux. Dt•sr,rnwi,, tout ce qui no us mam1ue 1t nous-mèm,·s, nous le trouverons chez les autres, d tous, rnrid1i, d'une richc,,e mutuelle et partaw:ée, trouveront d'un seul cœur leur parenté commune.,. Ainsi :,C déroulait la merveilleuse ampleur humaine de ln fié1olulio11; ainsi l'itlée ile l'universelle 1i.1ixet de la liberté uu i1ersclle créait une sorte d'unherselle patrie. Bien fortes étaient les pri,es tic la llé1olution sur \\'orùsworth pour que sa foi en la lib••rlé et en l'humanitti n'ait été troublée ni par les sani::lantes journées de scptemlJre, ni par les premier s symplômt•s de la guerre systématique au christianisme. Il entre\'oyait au del à de, violences pa,,agères et des crimes d'un jour un avènement d'humanito tendre, et c·e.t arec une sorte de piété qu'il saluait la victoire finale de la F rance et de la Révolution. Le onzième chant de ses Prélude.~, où il nous dit quelle était sa pensée à la On de iï92, est d'une incomparable hauteur. « Un jour beau et silencieux cmcloppait la terre, il fiois~ait a1ec un calme inaccoutumé, un de ces jours ,i beau, qu'ils semblent donnés tout ensemble pour apaiser l'/\me et pour approrondir ·le regret. Je m'arrèlai au bord de la Loire au Oot gliss,llll, et je jetai à ses I ichcs domaines, vignobles el terres de labour, grandes prairies et forêts aux couleurs rnriée~, un long regard d'adieu. C'était 0111ùes paysages tranquille,, j'étais lié maintenant à la faroucbe métropole. 1P rc1iétait tombé de ,on trône, el l'armée d'imasion - présomptueuse nuée caressée d'un vent de tlés astre - arnil crevé inoffensive sur les plaines de la liberté. Ces bomme,, - arrogants comme les cha~seurs orientaux que le Grand ~ogol menait e n troupe avec lui, el qui formaient autour de la proie espérée un cercle gra nd comme une province, et se resserrant peu (t peu - ces envahisseurs intrépides onl vu soudain ce peuple 1lont ils anticipaient la curée se retourner en peuple ,engeur, et dernnt sa colère ils ont fui d'épournote. Le désappoint ement et la terreur, rnilà ce qui resta à ceux dont l'ima:dnation sauvage s'allumait d'une sauvage attente, et à la plus juste cause, victoire et confiance. « L'État, comme pour mettre le sceau final à sa sécurit é, et pour montrer au monde ce qu'il était, une àme haute et intrépi• le, ou pour satisfai!'e un ressentiment aigu, ou surtout pour railler d'une iron ique et terl'ib le gratitude 1a coalition décl'nfile qui avait animé le peuple 11ab attre le roi el excité à des formes nouielles d'action les énergies un peu sommeillantes, retat n'épargna point Je trône vide, et, avec une hàte magnifi 1ue, se constitua sous le nom auguste de République. De lamentables crimes, c ·esl vrai, n\'aient précédé celte heure, d'horribles œuvrcs de mort, où le glaiv e hveugle avait rait office de juge! Mais ces jours mauvais étaient passés, la terre en élail l ibérée pour toujours, on l'espérait du moins - monstres éphémè res et qu'on n'aurait vus qu·u ne fois : choses qui devaient paraitre seulement el mourir.

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