Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOII\E SOCIALISTE rcns le plu, l'orn,rn alntr du plus intransigeant torysme la füivolulion aoalai:::f.d' e Jfi:,,..~·! Paine'" ail alors dnquanlc-deu, :ms, mais sa fougue révol~1lionnaire et républicaine ,·c~allaitdans le combat. Il écrivit, en réponse à Burke, un livre net t'l b1ulal, qui parut en deux parties el frappa, pour ainsi dire, en deux coup,, en ,nars 1701 cl en février 1i02. Les Droits der !Jomme, c'était le litre augu,lè, cumrnun au préambule de la Couslilulion américaine cl au préambule de la Comliluliou lrançaise. C'était le lien c1ui rattachait la libcrlé de l'AmèricJtie et la liberté de la l'rnncc. A lïnveclive ornée el rhétoricienne de Dud,e, Paine oppose l'invective sèche el pnrfois grossière. JI déshabille de toute n aje,té la monarchie el l'ari~locralie. Vraiment, oui, comme gémissait Durhr, le tc111~sde la « cheYalcrie •, du cérémonieux respect élail passé. ,, La monarchie cl rari,tocralic sont des farces, el elles vont entrer au tcm!Jeau où entrent toutes les erreurs : M. Burke s'habille de deuil. » Le druil d'ainesse, le droit de subslilulion, qui fai,aienl la force de J'aris- \ccralie anglai:;e, sont des drnils monstrueux et Larbares. • Pou-r la famille de l'ari,tocralie, il n'y a en réalilé qu'un enfant: les ..!Ulresne sont créés que pour l\lrc dévorés, el le cannibalisme paternel prépare lui-,;1èmc le repas. • Paine ne s'attarde pas à gémir sur le lustre des anciens noms, éteint par les rél'Olulionnaires de France. Ils ont bien !'ail d'abolir tous les titres de noblesse. « 'fou~ ces litres de duc cl de comte n'étaient que le vêtement puéril de la Y,1J1ilé.~laintenanl, les hommes arrivenl vraiment à rage d'homme, el ils prennent la loge virile. La Rholution n'a pas égalisiJ,elte a élevé. • Le noble est plus baul, ayant cessé d'êlre noble pour devenir ciloyen. Ilurl,c a de l'audace de prétendre limiter la souverainelé du peuple par de prétendus contrats antérieur,. En fait, pas plus que les représenlanls de l'Angleterre n'ont eu le droit d'imposer au peuple des subsides pour la suile des temps, ils n·ont eu le droit de lui imposer une forme de gouvernement. La souveraineté de la nation reste toujours entière, el si elle veut, non seulement limiter plus étroitement la prérogative royale, mais abolir la royauté elle-même, elle le peul. Paine ne cache pas que le maintien de la royauté lui parait inconciliable avec la démocratie. Celle-ci porlera lôl ou tard ses conséquences naturelles, el aboutira à la RépuLlique. En France, si la Révolution n'a pas encore supprimé la royaulé, c'est par une sorte de déférence pour la bonté personnelle du roi, pour srs qualités d'homme. C'est aussi par un reste de préjugé qui ira s'allénuanl tous les jour,. El Paine nous averlil, par une longue el importante note, que beaucoup des ré10lulionnaires de ~'rance avec lesquels il s'esl entretenu con viennent avec lui Que la royauté n·esl Qu'une inslilulioo

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