Jean Jaurès - La Convention I

752 IIISTOinE SOCIALISTE n'étaient pas a,s,,z larg,•s et assez hautes, et ils ne comprirent pas que l'INvro· uotLllÉ prs PRt,r.1rEsest le palladium de la vertu et de la liberté . • LPs nll'mbres de cette secte ne forment pa, d'ailleurs la majorité de leur p1rli : mais la minorité aristocratique, appliquée à tout ce qui peut dt',honorer ou embarra,,cr l'Assemblée, se coalisa violemment avec eux, et son,La la Con,titnlion nai,-ante de celle absurde usurpation. Cn antagonbte éclairé et taisonnahlede )1. Burke, a tcnl.i la défense de rt'lte mesurl'. D,ms une leltre au comte Sta11!,ope, il e,t dil que l'esprit de cNte loi s'accorde e,actemenl avec les principes de la justice naturelle, p,irce que, m,'111edans l'état de nature, le pauwe n'a droit qu'à la chadtè, et que celui qui ne produit rien u'a pas le droit de participer ù l'administration !le cc qui est p,oduil par l'industrie des autres. Mais, quelque juste qu'il pui,se être d,• cli,qualificr du droit politique les pauvres im~rodnctifs, l'argument, en fait, est ajlpli1111é à rau,. Les serviteurs domestiques sonl exclus par le décrd de l'As,emblée, quoiqu'ils sub,islenl aussi évtdemmenl de leur propre travail que n'importe quelle aulre cla,se de la société : el à ceux-là, par consé 1uenl, l'argument de notre subtil el ingénieux écrivain esl loul ù fail inapplicable. :\lais c·esl la con,olalion des a,,iis co11s6quenls de la liberl6, que cet abus sera nécessairement de courte durée. L'e~pril de raison el de liberlo qui a rcmporlti taul de grandes viclC>ircs, ne peul pas être longtemps tenu en échec par ce chétif ennemi. Le nomhre des électeurs primaires est si grand, el lïmporlance de chaque vole individuel est si faible proporlionnellemenl, que leur intérél ù résister à l'extension du droit de suffrage e,l petit jusqu·a Iïnsignifiance. » Chose curieuse! c·esl !'écrivain anglais qui reproche aux législateurs français un défaut d'idéalisme. li insiste pour l'applicalion al.Jsolue el intransigeante des principes. Ainsi, malgré les dilférences ethniques el historiques, ridée de démocratie, qui éclate en France, rayonne sur les nations. Que la pleine soul'erainelé nationale soit introduite en Angleterre, el bien des abu, seront déraciné,. « Les admirateurs tic la Rérnlulion françai:-e font naturellement appel à tous les citoyens opprimés el éclairés pour quïls considè1 enl la source de l'oppres-ion. • Si de~ IIJispéJ111lesonl encore smpendUPS sur la t,'te de nos frères catlwliqur,, 1i l'acte du test 011/J'agenos concitoyens protestants, si les ,·estes de la tyrannie féodale sonl encore tuli'rés en t:cosse, si la presse esl enchai11,:e, si noire druil li êt,•ejugés par le jury est amoùidri, si nos mwmfac/11riers sonl proscrits el traqués par l'excise, la raison de LouLesces oppressions est la même. Aucune branche de la législature ne représente le peuple. Laissez toutes ces classes de citoyens opprimés fondre leurs griefs locaux el partiels en une grande masse. l'ermellez qu'ils cessent d'implorer leurs droits en su~- pliants ou de les solliciter en mendiants, comme une faveur précaire de l'ar-

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