Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOlltE SOC!..\ LISTE la démocratie rél'Olulionnaircclt• Franr • ne pourra farrêler à la com!Jinai,on inlerrncdiaire qu'elle a adoptée. l..1 dbtincli on des ciloir11;:aclifs et des ciloye11, passifs croulera nécc,sairem,•nt parce qu'elle est farticr. li n·y a pas, entre le gros des citoyens actifs et le gros cles citoye11:; pa%ifs, une suffisante rti,tanre sociale pour que l'inégalité politique puis,e su!Jsistrr li y a I l11sde trois mW lions d'èlecleurs sur six millions de citoyen,. C'e,l lr..:, peu pour un régime dt• democralie : mais c'est beaucoup trop pour un ri·gime ù'oligart"hic : el l,1 France a!Joulira nécessairement à la pleine démocratie aussi bien par la forœ du principP qu"elle a posé, el par les droit, de l"homme qu'elle a proclamé:;, que par lïmpul,ion mème el la ,·itesse acqui,c de sa Constitution. Durkr a bien tort ùc triompher de l'inconséquence de la COn$liluanle, qui, par la loi des trois journées de con tri bu lion cl par le rôle que joue la propri<:té tlnns l"élahli-sement de la représentation élertorale, a rt'·ali-é -culcment le 11roil de certains homme,, et non le droit de tous. Celle incoméquenre ne pouvait être que proYisoire : el ~larkinlo,h a fait preuve d'un grand sens politique lorsqu'il a annoncé que la logique des principes rt du mouvement révolutionnaire renYerserail bientôt la fragile barrière élev~e entre les citoyens actifs el les citorens passifs. C'est le suffrage universel, c'est l"enti~re démocratie que la Révolution françai~e porte en elle. Et c·e~l le suffrage uni\'ersel, c·est l"enlit')re démocratie politique :au moins en ce qui touche la représentation) que ~lackintosb veut instituer en Anglet erre : l'ébranlement e•l aussi Yasle qu'il esl profond. • Ce qui concerne le droit de suffrage est de première importance dans la Communauté. lei je suis plei11ement d"arcord ayec ~I. Durke pour réprouver l'impuissante el absurde qualification par laquelle l"As-em!Jh"•ea prilé de ,a frJ11chi,;e ,dis(ranchùl'd 1 tout citoyen qui 11cpaye pas une contri!Jutio,t din•cle équi,·alenle au pri, ùe trois journées de travail. 1'videm111enl celle me-un• ne peul aboutir qu"à un étalage d'incon,é1uences el il une Yic,lalion de la justice. Mais ces remarques furent faites au moment de la 1lisrnssio11en France, el le plan fut combattu dans l'Assrmblée a,ec toute la force d,' la rai!On et de l'éloquence, par les plu, illuslrt'S lraders du parti populaire. M11. ~liraheau, 'l'argel et Pélion se distinguèrent plus particulièrement par leur oppo,ilion. (llackinlosh qui se réfère au, procès-,erhaux du 21 et :?<J octobre lîbO, au Jo11r1111l de l'a,·i, et au journal les n,:vo/11lio11< dr Paris, c,ag,.,re roppo,ition des démocrate, à la loi des trois jourMes : elle ne fut pa5 très yigoureus~.) • ~ais le; membres les plus limidf:-, les plus imbus de préjugés du parti dtimocratique, bé,ilèrenl devant une innovation au,,i hardi,, <lan, Je 5ystème politique que l'eût été L, Jl'sr1cc. Ils flollèrenl entre leurs principes cl leurs préjugés, el la lutte se termina par un compromis illusoire, celle re,source constante des caractères faibles et temporisateurs. 11, se contentèrent à l'idée qu'en fait il n·y aurait qu'un faible mal. - Leur, mes

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==