Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOlllE SOCIALISTE Gf> vagance, qu'on pourrait croire que ce n'est qu'un jeu pour nous forcer à changer de dynastie. » Carra, visiblement, s'embrouille; car, au profil de qui, Brum,\\ ick, maintenant délesté de la !'rance révolutionnaire, machinerait-il ce changement de dynastie? Puis, le û août, c'est un nou,cau système. « :-;ous avons aussi de lorles raisons de croire que Louis XVI sourloie l'armée prussienne qui marche contre nous, et que c'était une des conditions de la cour de Berlin pour se déterminer à faire avancer ses troupes. Dans peu, on découvrira bien de nouvelles horreurs dont on n'avait pas encore d'idée, el je frémis d'a,ance lorsqu'on demandera les comptes des caisses nationales et qu'on regardera au fond de nos caisses. • C'est 5igné Carra. La girouette diplomalico-révolulionnaire a tourné. Yoilà maintenant Brunswick stipendié de Louis XVI. Jamais parti ne fut plus fertile que la Gironde en propos inconsidérés et compromettants, mais ici l'incohérence est criante et elle aurait vraiment dO.désarmer le soupçon. Voici encore, dans le numéro du 13 aoO.Ldes Annales patriotiques, sous la rubrique Atlemagne, une note qui achève d'enlever toute excuse il Robespierre.« Le duc de Brunswick, outre son manifeste et son supplément, vient de faire publier les mesures que les cabinets contre-révolutionnaires ont prises pour remettre la France mus l'ancien joug. Il regarde d'abord comme une chose facile la conquôle de toute la ~'rance, et il conclut sa résolution romanesque par le projet de laisser en France pour garnison perpétuelle six régiments autrichiens, six prussiens, deux piémontais, trois espagnols el quelques escouades qu'on demandera au, Électeurs. Toutes ces dispositions dictées par un somnambulisme aristocratique, montrent, malgré leur ridicule, que les ennemis extérieurs de la France comptent beaucoup sur les traitres du dedans. Français 1 yeillez autour de vous, frappez les perfides qui sont uu sein de la France; quand vous aurez purgé votre sol, annoncez à l'univers que vans voulez être libres, et les tyrans dispara1lront, ainsi que leurs esclaves. • C'est une étrange préparation à l'avènement royal de Brunswick. Le lundi, 20 août, Carra demande que les troupes de ligne soient transformées en garde nationale et que les <ol<latsnomment tous leurs officiers jusqu'au colonel inclusivement: • Celle mesu·re, dit-il, qui d'ailleurs est de toute justice et dans le vrai sens de l'égalité polilique, produira l'effet le plus heureux dans nos armées et le plus terrible dans les armées des tyrans coalisés: ce sera un coup de foudre qui, en frappant tous les trô1les cle l'Europe, fera pâlir el reculer jusqu'à Berlin le fameux rodoioont Bruns\\ick. " Carra exagère; mais comment Robespierre a-t-il pu prendre prétexte d'un propos obscur el vain tenu jadis par cet écervelé et démenti par tant de propos contraires, pour risquer, au soir violent el sanglant du 2 septembre, une formidable accu~alion ? •

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==