Jean Jaurès - La Convention I

i12 lllSTOlRE SOCIALISTE tout en assurant à la nation anglaise le bien de la paix el de solides finances. En J,83, ôimple député, il défend contre Fox el les libéraux la Compagnie de l'Inde: il ne veut pas que l'f:Lal profite de sa détresse pour la soumellre ü un contrôle et à une direclion qui ressemblaient à une expropriation. " Je reconnais, dit-il aYec une Yigueur qui groupait autour de lui Lous le, hommes d'affaires de la Cité, que je suis assez faible pour respecter les droits inscrits dans des chartes, cl qu'en proposant un nouveau système de gouvernement el de contrôle, je ne dédaigne pas de consulter ceux qui, ayant le plus grand intérêt dans la matière qu'il faut réformer, sont le plus capables de donner d'u liles avis. Je reconnais l'énorme transgression qu'il y a à agir avec leur consentement plutôt que par violence. Je reconnais que, dans le bill que je Yous propose, je me suis réglé moi-même sur les idées des propriétaires d"actions de l'l:1de Orientale, sur le sens el la sagesse de ces hommes qui connaissent le mieux ce sujrl et qui y onl un intérêt essentiel.» (Pm·liamentary speeches, H janvier 178',). La grande bourgeoisie avait vraiment trouvé son homme d'État. Le bill qui atteignait la Compagnie des Indes fut ,•oté par la Chambre des Communes, mais le roi George III y était hostile. li redemande leurs portefeuilles aux ministres et appelle au pouvoir le jeune Pitt. Celui-ci accepte, malgré l'opposition violente de la majorité de la Chambre des Communes. El il soutient hardiment contre elle la prérogative royale. « Je veux soutenir toute la Constitution selün sa vraie doctrine: je veux sau,·egarder à Ja fois les droits des branches de la législature et ceux du souverain. Ces droits du soul'erain, la Constitulior: les a définis avec autant de soin que ceux <lela Chambre des Communes, et c'est le devoir des ministres et des mernbres de cette Chambre de soutenir également les droits de l'un el de l'autre ... La Constitution de ce pays est sa gloire, mais c·esl dans un jnste équilibre que ré sicle son excellence. Égalemen l affranchie des désordres de la démocratie et de la tyrannie monarchique, sa beauté consiste dans le mélange de ces éléments. c·csl un go uvcrnemenl mixte que la sagesse de nos :iîeux a conçu et que c·esl notre devoir à tous de soutenir. lis ont expérimenté les vicissiludrs et les désordres d'une république. lis ont senti le vasselage et le despotisme d'une monarchie pure. lis ont abandonné l'un et l'autre, et, en fondant les deux, ils ont extrait un système qui fail l'envie et l'admiration du monde. C'est la forme de gouvernement qui constitue l'orgueil des Anglais et qu'ils n"abandonneront qu'avec la vie. • (1" mars 1781.) Mais à quoi auraient servi à Pitt ces théories et ces formules sur le gouvernement tempéré, s'il y avait eu dans le pays une grande puissance sociale cherchant dans une forme de gouvernement plus simple. plus décisive, une garantie? Au contraire, les grands intérêts capitalistes et in'1ustriels qui domi•

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