Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOlllE SOCIALISTE ù3 sation aus:;i absurde, el à Hai •lire, je ,w crois poinl quïl rùl loul à fail de bonne toi; je sais Ilien qu·entre l..t monarchie <leLouis).. YI rl la n,<puhlique encore inconnue et efîrayanle, bien des esprits cherchaiPnt lies combinaisons intermédiaires el chimùriques. ~lais de lit à accusrr 1, Gironde d'un complot arec Brunswick, il y a un abime. Je ~ais !Jien au,,i que Carra, un journ.tlistc girondin, avait écrit sur 13runS\\ick <lesparoles éni~111ali~uc, el imprudentes. llais ici encore, quel faible préle.,tc à une accu-alion empoisonnée! M. Hamel, o!Jsliné à juslifirr Robespierre, ,,écrie: E,L-œ que, récemment, un des principaux organes de la Gironde, les .lnw,lr, µatrwtique,, du Gi}on<lin Carra, n'avaiL pas efîrontémenl entonné les louange, de llruns11itk la ,cille du jour où allait parallre lïnsolent manif,•ste signé <le lui! Est-ce qu't•nfin Carra ne l'arnit pas proposé pour roi d'une manièr<' as-~l si;rnificalive '? • Ici, le culte de son héros semble oblilfrer la conscience si droite de l'llisl orien ~t le conduire à une sorte de falsificalion historique. ~l. Hamel nïgnore pas, et il devrait dire que llrun811ick était populaire depuis des années auprès des philosophes et des esprits liures, qu'il passait pour un homme aux idées larges, que le !Jruit avail couru quïl s'était oppo,~ à la guerre, et qu'il ne le conduisait qu'à regret. Carra, qui était un homme de ,aillies téméraires et dïmaginalion a,entureu,e, avail cru habile, une fob la guerre engagée, de diviser la Pru»e et l'Autriche en paraissant compter s1.>r le lilléralisme cl u duc de Brunswick : Système dangereux peut-èlre, mais qui ne justifie ni l'accu$alion de Robespierre, ni l'in,;inuation de son historien. C'est $ans doute à la nole publiée par Carra, le Hl juillet, dans les Anna/P,s patriotiques, que M. Hamel rait allusion. La voici: " Quelques petites observations sur les intention~ des Prmsiens dans la guerre actuelle. Rien de si bêle que ceu, qui croiPnt et voudraient faire croire que les Prussiens veulent détruire ks jacobins, eux qui ont vu dans ces mêmes jacobins les ennemis les plus déclarés et les plus acharnés de la ~laison d'Autriche, et les amis con,tanls de la Prusse, de l'Angleterre et de la Hollande. Ces mêmes jacobin$, depui, la Révolution, n'ont cessé <ledemander à grands cris la rupture du traité de 1756, et à former des alliances avec les maisons de Brandebourg et de llanoue, tandis que les gacetiPrs universels, dirigéi par le Comité autrichien des 'l'uileries, ne cesrnient de louer l'Autriche et d'insulter les Cours de llerliu et de La Haye. « :Son, ces cours ne sont pas si maladroites de vouloir détruire les Jacobins qui ont des idées si heureuses pour les changements de dynastie, el qui dans un cas de besoin peu,·ent servir con$idérablement les mai,ons ùe Brandebourg et de Hanovre contre celle d'Autriche. Croyez-vous que le célèbre duc de Bruns~ick ne sait pas à quoi s'en tenir sur tout cela, el qu'il ne voit p<lS clairement les petits tours de passe-passe que le comité autrichien des 'l'uileries et1a cour de Vienne veulent jouer à son armée en dirigeant Ioule- les forces des Français contre lui et en déplatant le foyer de la guerre loin des

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