()88 JI ISTOIRE SOCIALISTE ou d'abandonner tout à fait, le 1,rix du charbon doit en général approcher heaucoup de ce pri,. ,,La renlr, quand Je charbon en rapporte une, co11pose pour l'ordinaire une plus pctile portion du prix qu'rlle ne le fait dans la plupart des aulres pro .. duclions de la terre. La renie d'un bien à la surface de la terre s'élève communément a ce qu'on suppose être le tiers du produit total, el c'e,;t i,our l'ordinaire une rente fixe el indépendante des variations accidentelles de la rêcolte. Dans les mines de charbon, un cinquième du produit total est une très l'orle rente; un dixième est la rente ordinaire, et cette rente est rarement fhe, mais elle dépend des variations accidentelle, dans le produit. Ces varialions ~ont si fortes que, dans un pays où les propriétés foncières sont vendues à un prix modéré, au denier trenle, c'est-à-dire moyennant trente années de revenus, une mine de charbon vendue au denier dix est réputée vendue à un bon prix. • La valeur d'une llline de charbon pour rnn propriétaire dépend souvent aulant de sa silualion que de sa fécondité. Celle d'une mine métallique dépend davantage de sa féconclilé et moins de sa situation. Les mélaux même gros,ier,, et à plus forte raison les mél-.ux précieux, quand ils sont séparés de leur gangue, ont as;cz de Yaleur pour pouvoir en général supporter les frais d'un long lransport µar terre, et du trajet le plus lointain par mer. Leur marché ne se borne pas aux pays voisins de la mine, mais il s'étend au monde enlier. Le cuivre du Japon est un des arlicles du commerce de l'Europe. Le fer d'Espagne est un de ceux du commerce du Pérou et du Chili; l'argent du Pérou s'ou\'fe un chemin non seulement jusqu'en Europe, 111aisencore de l'Europe à la Chine. Au contraire, le prix des charbons du We:Hmorelantl et du Shrepshirc ne peut influer que sur leur prix à ::-ie\\ca,lle, et leur prix dans le Lyonnai:; n'exP,rcera sur celui des premiers aucune espèce d'influence. Les produits de mines de charbon aussi distantes ne peuvent se faire concurrence l'un il l'aulrc. • Eddemment, c'est à peine le début de lïncluslrie des mine,;. Le cha,bon de terre, la houille, n'est guère employé que pour le chaulfage. Ses grands usages industriels s'annoncent à peine. Mais la houille apparait dès lors comme un moyen de suppléer dans le chauffage le bois dévoré par les manufactures. Certes l'Angleterre élait infiniment loin d'avoir et la production houillère énorme et l'immense prolétariat minier qu'elle a aujourd'hui. L'attention des économisles, des hommes d'Élat anglais commençait pourtant à se porter sur les ouvriers des mines, qui donnaient déjà à la classe ouvrière anglaise l'exemple des hauls salaires. « Quand l'incerlilude de l'occupation se trouve réunie à la fatigue, au désagrément el à la malpropreté de la besogne, alors elle élève quelquefois les salaires du travail le plus grossier au-dessus de ceux du mélier le plus difficile. Un charbonnier des mines, qui travaille à la pièce, passe pou1· ga-
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