60 II1STOIRE SOCIALISTE général de la Commune dans le peuple surc,cilt', cl il y aura un élargissement des massacres. L"arcu,;alion formulée par Robespierre tendait sournoisement à la politique de Marat: supprimer à la fois royaliste,, feuillanls el Girondins. Ce qui prouve que rn dénoncialion n'était pas inolfen~he, c'esl que, dè~ le lendemain, la Commune ordonnait des perquisitions chez Bri~sot. Luimême les constate dans le Patriote Français: • Je croyais avoir donné de; preuves assez fortes cl assez constantes de mon patriotisme pour êlre audessus des soupçons; mais la calomnie ne respecte rien. Hier dimanche on m'a dénoncé à la Commune de Paris, ainsi que partie des d(•pulés de la Gironde, el d'autres hommes aussi ,ertueux. On nous accusait «le vouloir livrer la France au duc de Brunswick, d'en avoir reçu des million,, el de nous être concertés pour nous sauver en Angleterre. Moi, l'éternel ennemi des rois, el qui n"ai pas attendu i780 pour manifester ma haine à lt•ur égard! Moi t le parfüan d'un roi I plut0l périr mille fois, que de reconnaitre jamais ces despotes, el surtout un étranger 1 • Cilo)en~, on me dénonçait à dix heures du soir, el à celle heure on égorgeait dans les prisons! Une pareille dénonciation élail bien propre à exciter lïndignalion du peuple contre moi, cl elle l'excitait déjà. DPs :\mes honnêtes qui pensent qu'arnnl de croire et de punir, il faut convaincre, demandèrent que visite fût faite de mès papier,; el, en conséquence, ce malin, sur les sept heures, trois commi-saires de la Commune se sont présentés chez moi. J'aurais pu réclamer comme député, contre une pareille recherche; mais, dans le danger de la patrie, tout citoyen, quel qu'il soit, doil à la première réquisilion de la loi, se monlrer à nu. « Les commissaires ont examiné pendant trois heures, avec toul le ~oin possible, tous mes papiers ; je les leur ai lil rés avec l'abandon d'un homme qui a la conscience la plus irréprochable. Je n'avais qu'un regret, c·e,l que le peuple, ce peuple auprès duquel on me calomnie, el que je ne cesse da défendre, c'est que ce peuple enlier ne fûl pas témoin de l'examen. En ,·oici le résullat: • Nous, après avoir fait les recherches les plus exactes, clans tous les papiers du dit sieur Brissot, el après les avoir examinés, n'ayant absolument rien trou,é qui nous partll contraire à l'intér0L public, lui avons laissé Lous ses papiers. Signé : Berlhellon, Guermenc, commissaire-adjoint, Cousteau, dit Mignon. • Mais quelles amertumes ces luttes laissaient dans les âmes J Condorcet aussi, le premier qui ait formulé la philosophie républicaine à une heure où Robespierre se dé!cndait d'ôlre républicain, le grand Condorcet est obligé, en celle journée du 3 septembre, de protcstc,r qu'il n'est pas l'agent secret de Bruns\\ick. Robespierre est bien coupable d'avoir conttibué à l'obscurcissement des esprits en ces jours tragiques. Qu'il etlt été glorieux à la Fra Ace menacée de garder, au plus sombre du péril, son lumineux
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