Jean Jaurès - La Convention I

üG6 JIISTOlllE SOCIALISTE marchandises fahriquées 011 produites en France. Or, sur la plupart <h!smarchandises, de pareils droits sonl équivalents à une prohibition. Les l'rançai•, rie lt>ur côté, ont, à ce que je crois. mallrailé également nos denrées cl ncs manufactures, quoique je ne sui, pas également au fait de toutes les cbarg-es et gênes qu'ils leur onl imposres. Ces entraves réciproques onl à peu p,ès anéanti tout commerce loyal entre les deux natiohs, el c·csl mainten,1nt par le, contrebandiers que se fait princ i;ialement l'importation des marcbandi>es anglai,es en [?rance, ou des marchandises françli,e, en Angleterre.» Les clauses du traité de 1îi'::i furent, comme on sait, infiniment plus libérale,. L'industrie anglaise, cncoura(lée par une force secrète cl"expan,ion et aYcrtie par le ,:r,1nil théoricien de la lib,'rté commerciale. perçait peu à peu la coque épaisse de protection et de prohibi Lion où elle s'était enfermée depuis plus d"un siècle el se risquait à la liberté des éch,1nges. C'est en 1•ertu des mêmes principes el avec la môme hardiesse qu'Adam Smith demande à ses comp·,triotes de modifier leur système colonial, conrorme craillcms 10 système colonial de Loule l'Europe. Les colonies ét;iienl alors, pour la métrn1nle, un chamrJ ré,ervé d'exploitation. Elles ne pouvaient vendre leurs produits qu·:\ la métropole : elles ne pouvaient acheter GUC les produits de la mNropole. En ,orle qur, Loujour., soumises à des prix de monop1)le et toujours il leur détriment, elles devaient vendre au plus bas et acheter au plus haut. l~l lc lran~porl des produits à lïmporlalion cl à l'e~portation était ré•ervé à la marine métropolitaine. Comment les r,olonies poU1aienl-elles se !lév1•lnp11Pcrl pro$pérer avec un pareil ré 0 ime? C'est que deux causes neulrali,aicnt, en : arlie du moim, les elîets dangereux de cc monopole de la mère patriP. D'abord celle-ci, s'él:rnl en quelque sorte subordonné tout le commerce des colonies. avait intérèt à encourager la production coloniale. El ne pouYant 1',•ncomagcr parla liberté du commerce, elle l'encourngeait par un abondant apport de capitaux. « La pro,périté des colonies à sucre de l'Angleterre a él(•, en grande partie, l'etrel des immenses riche,ses de l'Angleterre dont une p 1rlie, débor,lant pour ain:;i <lire de ce pays, a r,'0ué •'ans les colonies.» Et, en second lieu, les colonies nouvelles étant ~urtoul ngricolcs, rnulîraient moins des restrictions apportées à la lihrrlé rlc leur né;;-oce que si elles avaient eu une production in,lu;Lrielle analogue à celle de la métropole. Adam Smith clil (el il a vraisemblablement raison) : « Quoique la politique de la Grande-Ilr!'lagne, à l'rgard du commerce de ses colonies, ail élé dictée par le m~me esprit mercantile que celle de, autres naliom, toutefois elle a été au total moins étroite Cl moins oppre;,ive que celle d'aucune autre nation •· ~lême les colonies américaines soule1ées contre l'Angleterre an moment où écrivait Adam Smith avaient joui d'un régime a,sfz libéral.« Quant à la facullé de diriger leurs alîaires corn me ils le jugent à propos, les colons ao-

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