602 IIISTOlRF. SOCIALISTE « Le Brunswickuis, awc ses 1::;o000 mercenaires, n'a 1m arriver jus11u·à Chalon, el, abstraclion faite de la trahison de Longwy et de Verdun, il n'a pu conquérir une seule place forte. Les étendards victorien~ de la Ré11ublique l'ont rrjelé hors des frontières; il a dO fuir devant la famine et la peslr, el prmlant qu'il cs,aie de rallier el de mettre en sOrelé les débris de ses troupe, di•e,mragées, l'armée de la liberté déborde au delà des frontières : toute la Sa, oie, Nice, Spire, \\'orms, llayence et Francfort tombent presque sans rè,blance aul mains des 1-'rançai•. i\lons ouvre ses portes au vainqueur Demeuriez. Trèl'es peul 11peine attendre l'arrivée du bra\'e Wimpfen, et dans la région mc-nlagneuse ,le l'autre côté du Rhin, les Hessois el les Prussiens fuient devant Custine, citoyen el général, el devant les soldats de la liberté. Toutes les forces autrichiennes dans les Pays-Uns sont sur le point de ,e dissoudre par la désertion ou de fuir dans le Luxrmhourg; les débris d~, troupes pru,.siennes doivent chobir entre la retraite <'Il Westphalie ou la famine à Coblenlz. « Quelles espérances peul clone offrir la continuation de la campagne aux ennemb de la liberté? Toute l'Allemagne est complètement épuisée desubsi,- tancrs de toutes sortes el des moyens de ,ie qni sont in<lispensables à l'entretien de grandes armées. Lrs caisses de l'Autriche sont l'ides, el son crédit tombera plus bas qu'il y a un an les a~signals de France; les assignats remontent et le crédit de l'Autriche ne se relèvera jamais. La Prusse, un petit royaume qu; n'a élé éle,é au premier rang que par des opérations de finances et une Lension extrême de tous les ressorts, a sacrifié ses meilleures troupes, vidé son trésor, le véritahle secret de sa grandeur artificielle, et son roi ne sait ni épargner, ni comballre, ni penser comme son oncle Frédéric; il a renvoié les sages serviteurs de Frédéric, et llerzberg, qui pouvait le ~auver, est chas,è par des , isionnaires et par des maitresses de cour. Lïmpéralrice rns-e a ~urlout mis à proOt la belle occasion de tromper se, deux rivaux, et pendant qu'ils faisaient leur folle expédition en France, elle mettait toute la Pologne en nsselage; maintenant ils voient leur faute et ne savent guère commrnt ils se garderont de celte femme colos•ale. - La Saxe, la Ba1ière, le Hanovre observent une s~ge neulralilé, qui est maintenant plus nécessaire que jamais. La Suède, depuis sa guerre avec la Russie, est tombée dans l"impuissance. Le gouvernemen l monarehique du Danemark cherche sagement à durer en allégeant le farde~u du peuple el en assurant la liberté de la pre,se; l'Italie fait signe à ses libérateurs, et l'Espagne est si gravement endettée qu'elle ne peut rirn tenter contre la Prance. Les .\nglais libres envoient aux Français libres leur approhnlion joyeuse. \'oilà la situation de l'Europe. • Il n'y a qur la folie furieuse qui pui~,e, en cetélat de choses, conseiller la continuation de la guerre contre lu France. A la vérité, on me dira qu'aujourd'hui on ne pent attendre des cabinets que fureur et démenceI El je reconnais que jusqu'ici leur conduite est en effet une manifestation de délire.
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