Il ISTOlRE SOCIALISTE 561 Oui, ce sonl de formidable, problèmes. El touL d"al.Jord,quel démenti il l'oplimisme premier de la Gironde! Voici que les peuples dont elle avaiL espéré et annoncé le soulèvement spontané, fonl preuve, en far,• même de la Révolu lion victorieuse, d'une force de passivité, d"une r6si stance inerte extraordinaire. Même après la défaite el la fuite précipitée des Autrichiens, môme sous la proleclion I.Jienveillanle de Dumouriez, le peuple bPlt;e ne fail pas le moindre elîorl vers la liberté; il garde, comme une I.Jôlede som•1wclonL l'échine ne se redresse plu,, toutes ses anciennes inslilutio,i-, le pli des vieilles serdludes. El c·esl en vain que !"armée prussienne s'est brisée à Valmy, c est en vain qu'elle a d0 repasser le Rhin, c·esl en vain que les furcc; fra11çaisesonl oGcupé une partie de l'Allemagne el que des appels ardents à la liberté onl élé lancés au peuple par nos g-énérau,. L"AIIPm.ignene se soulève pas; le mouvement révolutionnaire y esl lrès localisé. languissant el précaire. Pas plus que le « despotisme éclair6 " de Frédéric Il cl de Joseph Il, la force révolutionnaire ne peul brusquer la lenle évolution des nalions alla rdées. El pourlanl, il faut qu·elle res!'aie sous peine de périr; car ,i elle 11c parvient pas à révolutionner les peuples, le poids écrasant du mon le sera I.Jienlôl sur elle. ~'lais en a-t-elle le droiL? Cambon démontre sans douLe que la guerre aux rois ne sulfil pas; que la l\é,·olution doiLbriser encore tous les privilèges féodaux nobiliaires el ecclé,iastiqurs qui sont l"appui des rois. ~lais la vraie question n'est pas là. Ce quïl faut savoir, c'esl si celle !\évolution doit èlre l'œuvre libre des peuples eu,-mêmes ou si c'esl la France qui a le droil de la foire en leur nom el à leur place. Camhon n"allègue ici d'autre raison que la nécessité. En fail, les peuples sont incapables de se r6,•olulionner eux-mêmes. lis manquent ou d'expérience ou de vigueur ou de courage. c·e,l la France qui doil se substituer à eux. Dès ce jour, el par ce dôcrel, Loules les nations sont mineures; il n'y a qu'un pays majeur cl qui assume, pour Lous les autres, la charge de la liberté. c·est la dictature révolutionnairP de la France qui esl proclamée. Puisque la guerre avail éclaté, puisque, soil par les trahisons de la Cour, soil par les desseins sournois ct·une partie de l'Europe, soil par lïmpalience 6Lourdie el les calculs téméraires de la Gironde, elle a,ail élé rendue inévitable, el puisqu'il y avail entre la France révolutionnaire et le reste du continent une inégalité funeste de préparation politique el.sociale, il n'y avait pas d'autre solution. Laguerre engagée n'était pas la !ulte d'une nation con Ire une autre nation, mais d'un système dïnstilulions contre un système d'institutions. Dès lors, les institutions de la liberté étaient condamnées à renverser, m~me par la force, les inslilulions de servitude. Mais comme la tenta live esl dangereuse! Comme elle va inoculer à la France des habitudes dictatoriales! El comme elle risque d'identifier chez les autres peuples les seniludes du passé el la liberté nationale! D~ jour où la liberté
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