Jean Jaurès - La Convention I

Ill~TOII\E SOClALIS'l'I•: l'èu L-<'lre 1tnail-il <'U plu:; dï111palience ré-rolulionnairc si, au lieu de profe,;ser à Jti,a aupri·s d'une jeune,;c <lisciplin(c it la pru,,icnne el qui se 1n·,'Lait ,olunti,•r·, à Jal t,•nlc' g-ra,c cl au\ !Pnles é,olutions rle pensée, il était re,lé en ,·uniMl a,,.,. ,c,n P"l;: d'origine, avec l'artlcnlc Souabe. Là, la jcune~se des l'ni \"l.'r,itèscl dl'Sécole::-a, u:;..i. lliPn q11cleseorporalions cl'arlisanss·e,allaien l, di', 1:~n. aux pren,icrs bruits 1k h lté,olulion frm1çaise. ~J. Adolf Wohlwill a 1,,pproch,', eu un bref el ,i\'anl lahlcau, les !rails de ce mouv,•mcnl llamLouq.·.-, Jl:.;-;-;") . Dans le \YurlcmlJerg, dan,; la Souabe, il y avait, en le quarl de siècle <Jui précéda la llé\'olution, une grande animation de pensée, el aussi une \'ie politique assez riche. Cc ful, a1ec les pays du llhin, le plu• chaud f'oyer rérnl ulionnaire d'Allemaguc. Les , illes y arnicnt garù é d'importante:; franclriscs et les f:tals, où les di\'er-cs clas,;cs étaient représentées, avaient quelque puissance el quelque acli\ilé . .\ vrai dire, l'hol'Îzon ùe:; bourgeois et arli,ans Nait un peu étroit. li s'élail formé dts oliga,chi<•s bourgeoises qui arnient là, comme partout en Europe, alJsorùè peu it peu le pouvoir municipal; et la lulle élail encrngée entre les corporations d'artisan, el la Lourgeoisic moyenne d'une part, qui rnulaicnl reconquérir leur inlluencc, et l'oligarchie. C'c,l sou,e11t sur des questions minuscules et d'inlérèl purement local que s'engag~ait ia lulle. )luis, dès que la Ilé,olution française i:clala, clic fournil à ces lulles munici['ales des f'ormules plus ,a,tc~. C'est au nom des Droits de l'homme que les classes moyc nnes dcrnandaient une inlcrprél3tion plus large des constitutions municipales. El la revendication des libertés coutumières du moyen âge, u,urpécs ou re,serréPs peu à peu par des coteries de bourgeois riches, s·aulori:;ail parfois du Co11lt'at social. C'était comme un grand souftle passant soudain dans un décor !l'archéologie. )lai, les étudiants, surtoul ceu~ de l't,;ni\'rr,ilé de T111Ji6nen, ceux dè l'école carolienne, élaienL loulpréparés àse pa,sionner vour la liberté ré\'olutionnaire. Il y ami t d'abord, entre leurs éLu,le:; qui les llll'llaienl rn contact arnc la libre de de la Grèce el de Rome, el la discipline élroilemenl militaire à laquelle ils élaienL soumis à l'école c,11uliennc un conlr,ts,e qui se lr~dui.ail parfois 1,ar des soulè1emenls. ~Jais surtout un<' urdente vie intérieure s·accumulail en eux qui ne larderait pas à se rc'JJandre en >\ll'i,alhics de R<ilolulion. Elle élail faite d'éléments mullipl,•, et confus, mai:; ùonl la confusion même élait d'une e,Lrême richesse. C'était un mé:ange des ,ou"•nirs des répulJ!i,1oes anciennes el des formules de la démocratie moderne. Quand Sparle, Athènes et Rome les avaient e,allé~, Housseau les ,,unamrnait; un vent large et chaud passait sur l'agora oo sur Je fornm et 8tmbluit les élargir, ~ appeler les multitudes. Le droit inaliénable ùe l'bonnur proclamé par Rousseau leur parais.;a.il le moien 1rouvean de rclrou1e1 l'antique liberté ense\'elie sous des siècles d'oppre&-

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