Jean Jaurès - La Convention I

TIISTOJRE SOCI.\LISTE séc 1ulg-aire cl la super~lilion, la gro~sièrdé et l'ell'(•mi11c111e1e1ll, c·e,l ,eulcmenl l'équili!Jrc des 1krs qui maintient encore le tout. « E;L-cc là, je le deman,le, Jïrnmanil& pour les <lroil, de laquellr la philosophie ,c rl<'prn,c, que le noble citoien du mondr porlr en sa pensée, el en Ja1uellc un 11otn'l'au Solo11 réali,-crail ses plan, de co11slitulion '? J'en doute fort ... El ,ïl m·esl permis de dire ma pensée sur les nér·c,silés poliliqnrs ~r•'· sente, ri wr les cha11ccs de l'avenir, j'a,ouc que jr roti-icl•'rc toute lt'nlati,·e pom amél'orer selon J,,, principes la co11>lit11lio1d1e 1•r.tal cl toute autn· an,é• lioralion 11° e,l qu·nn e~péclient el un jouet) comme pr,•malurée, Lanl que le caractrre hnmain ne s·csl pas relevé de sa chute profonde, el c·esl un LraYail qni e,i"e au moi11s un siècle. On entendra parler à la vérité de la deslruction de maint alrn,, de mainte réforme heure11,e, essayée dans le détail, de mainte lictoirc <le la raison sur le pr&jngé. mai, ce que di\ grand~ hommes auront bàli, cinqi:anle esprit, faible, le jell,•ronl à lia,. Dans Loule~Ir, parties clu mon<lr, on enl~\'era lelll's chai11esaux n1'gre,, et en Europe on mcllra des chaînes au., esprit, ... Lo ll('p11b/iq11rfranç,,i.s, disparailra aussi rile qu'elle est nt'e; la con.<titution rl;,11/Jlicoine aboutira tôt ou tard à un r'tat d'anarchie, ri le .,eu/ .,,,!111de la nation ser" 111·11n homme p11i,.,1mtsurgi,.<e n'importe d'o1i qui do/}/p/e /11 !empile, dta/Jli.<se l'ordre, 1•/ tienne ferme en main les 1ù1,•s du gm,rernemr,n/, d111-ildevenir le maître absolu 11011 ;;r•ulement de lti France, mais e,11·ore ,r1111e !/l'llnde p,11'/ie de l'Europe.• llélas ! comme Schiller e;t sé1ère! el, ;i l'on me pa,se ce mot familier, commr il en prend à son aise! Il n'est pas dans h tourmente; il ne com• prend pas les colères. il nr subit pas les entrainements d'un peuple que J'absoluli1mc le plus aveugl1• a conduiljusqu'à l'extrémité clr la ruine ct·du péril, qui a èl6 obligé de susciter en quelques mois une Cun,titution nourelle, qui esl rassé ltru,c1uement du sommeil politique it la 1ie la plus intense et la plus e,;illée, qui était sage pourtant el mesuré, qui s·obslinail ü garder sa confiance à ceux mêmes qui le lrahi,saienl, violant la Conslilulion jurée, appelant l'étranger it le détruire, el qui n'a frappé, pour ain~i dire, que lorsqu'il a été acculé par le cyni,;me de la lrahi,on infinie el du menSOII!,<é' ternel. Oui, Schiller, en s'élevant, est injmle pour ceuxqu'arnugle danslalrislc vallée la poussière sanglante de la bataille. r:t pourtant il est salutaire pour nous de méùiler ces lo1·teset sé1ères pensées. Ce n·cst poinl du pessimisme, ce n'est point du découragement. Schiller ne désespère pas de l'humanité; il croit au contraire avec cerlilude et il sait que par l'éduralion elle se libèrera; el sïl faut du temps, s'il faut un siècle, des siècles m~me, le temps est-il mesuré à l'effort humain• E,l-il mesuré à la pensée humaine qui d'avance prend possession des résullals futurs et en nourri l son cournge? Celle sérénil6 clairvoyante et sévère est admirable. Pas d'illasion sur le présent; mais aucun fléchissement de l'espérance. Le grand poète était in-

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