Jean Jaurès - La Convention I

51:? JIJSTOl!lE SOCIALlS'rE lourh'llùn el !aire érlalrr ~es nua2:cs de grt'-lc. Et après la lempélc, l'air respire il prinr ,r11n rnufOr léger; les rui,seau, chantent, Pl les gouttes ,le pluie lomhenl du feuillage; clans la fraîcheur exqui,e montent des vapeurs de parfums; cl h sérénité bleue sourit, dans la vaste étendue du ciel. Tout est rorcP, Yieel joie; le rossignol chante le charrt des fla□çailles et plus aimante encore rhanle la Cianci•e. Les garçons dansent autour de l'homme qu·aucun rlr,polc ne méprise plus; et les Olles entourent la femme paisible qui donne au dernier n6 le lait rie la liberté. » ll(•las! comme bientôt Klopstock s'e!îraiera de l'orage! li ne saura pas al tendre qu'après le déchaînement des fureurs et des foudres « la sérénité bleue • de la liherlé el de la paix luise sur les hommes. Pendant trois ans encore, <le J,80 à 1î02, il chante la Révolution. En 1,00. il dédie au duc 1c la Hoch~foucauld un poème dont le Litre esl signiOcatif: Eu.x et pas nous. « Si j'avais cent voix, elles ne suffiraient pas à célébrer la liberté de la France. Que n'acrompli~sez.,•ous pas! Le plus terrible des mo~stres, la guerre, est enchaîné par vous. O ma patrie, nombreuses ~onl les douleurs, le temps les adoucit et clics ne saignent plus. ~lais il en est une que rien n'apaise pour moi. el qui saii;ne lonjour,. Cc n'est pas toi, ma patrie, qui as gral'i le sommet de la liberté, et qui en HS fait rayonner l'exemple loul autour de loi, aux autres peuples. Ce fut la France. Toi, Lu n'as pas goûté à la plus délicieuse des gloires; tu n'as pas cueilli cc rameau d'immorlalilé ... Elle re,semhlait pourtant, rctle palme glorieuse, à ceJlc que tu cueillis lorsque tu rpnrn, la religion, lbrsque lu lui rendis la sainteté que lui avaient ravie les des, oie~ ilpres à enchaîner les âmes; les despotes qui faisaient couler le sang à flots quand le sujet ne croyait pas toul cc que la fantaisie rlélirante du mallre lui ordonnait de croire. Si pm· loi, ô ma patrie, le joug des despotes lon,urés fut brisé, ce n'est pas loi qui brises le joug des despotes couronnés. » (ilorieu,e pour al'oir commencé, par la Réforme, l'a!îranchis;emenl de la conscience, l'.\llemagne n'a p1s su prendre l'initiative de la Révolution et elle ne s'y eng"ge m(,me pas à la suite de la France. ~liime en anil iî!l:.!, mème au moment où la guerre est déclarée entre la France rt la Prusse el l'Autriche, Klopstock reste fidèle à rn foi en la llél'olulion. li ne demande point si les rél'Olutionnaires rle France n'ont pas conlrilmé, par leur naïveté ou leurs calculs, à déchaîner le conOil. li ne se souvient que d'one chose: c·e~l que la France a proclamé la liberté des hommPs: c'est qu'elle a d\-rlaré qu'dle répudiait toute guerre de conquèle; el il sïmligne de rentreprbe ,t, lente dirigée maintcnaul contre elle. li proteste contre les chefs de l'Allemagne qui méconnaissent le senlimenl<lu ]'CU pie allemand, el il do11nele heau nom de« Guerre de la liberté», (c'est le litre de rode) à la guerre que va soutenir la ~'rance de la Hé1ulu• lion

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==