Jean Jaurès - La Convention I

111'-'l'OlllE SOCIALISTE 1,i un,• cour ni une capitale, mais un aulel de la probité el de la 0délilé, 011 les cœurs t'l le., esprits se pourraient rasse,ulller. Cel aulrl ne peut e,i-tcr que dan, J'r,prit, c·esl-à-dire dans les œuvres des é crivains : c'est là «Jli·irai,•nl ,entlammcr Ir, :lmes et se fortifier les cœurs. Le nom allemaurJ, que m:intcnanl hien de, 1iations méprisent cl dédaignent, apparallrail alor, cùrnm 1,,premier de l'Europe, sans tapage, sans prolenlio1i, fort de sa propre for,·~. fermr en sa propre grandrur. » Q11l•llefoi dans la pui"anee de l'esprit! Quel cullc fervent pour la pens«"r ! U•! même que l,ant allcnd surtout le progri•s e\lérieur, poli tique el social. du progrès intérieur de la lillrrlù et de la volonté, de même c'est de l'esprit, de son lra\ail profond, que Herder nllend l'unilé de L\llemagne : non pas nn1•unité d'agre,~ion. de conquêle cl de Yiolence. ; -(on, non, c,• n·e,t il"' ponr aiguiser le glaive que l"esprit se lève. • La f:loire d'une l alrie ne peul être aujour,l'hui la sauva ge gloire «le conquèle qui a bouleversé comme un mauvais démon l'h istoire de Home, des barbares et de tant de fières monarchie,. Que serait une mère qui, comme une seconde et pire llédée, immolerait quelques-uns de ~e, ,.nrants pour réduire des enfants étranger, en esclavage, et en faire le jouet de ceu'{ de, siens qu'elle n·aurail pas sacrifiés? ... L~ gloire de la pat11ie ne peul N re aujourd'hui que de donner à tous ses fils la sécurité, raclivilé, IP lihre cl joyeux essor, bref, celle éducation qui esl le trésor rl la digoilo de l'homnw. • ~lais si ce n·esl pas d'une Allemagne belliqueuse el va ine que rt'\e Herder, c'est d"nnr Allemagne forte et grande. El ur. magni fique orgueil national ,'é\eille mêlé à l'orgueil de h pensée. Prenez garde, révolutionnaires rie France! En apportant la liherl6, on l'imposant du deho rs, \OUS réformez prnt-Nre, mais 1ous humiliez. Pre11ezgarde, soldats de CusLine avenlurésju,- qu'it Francfort! ,\u-dessus de cc travail profond de l'Allemagne, los poé~ie d de Schiller ~"i-le1aient parfois comme des nuées ~rdenles, mnis un peu vaines. Pans se, appel- à la liberlé, il y a plus rie rhélorique exallée que de vcrlu r6rnlutionn,1ire. Son fameux drame des llfiga11ds, écrit presque sur les bancs tlc recule el jvué en ii8~, alle:,le, en même temps que la ferve ur du rô10 do la jeu,wsse d·a1ors, l'impuissance de la bourgeoisie allemand<' . Karl )loor a beau annoncer quïl fondera • une répulJliqu o auprès de l;iqnellr Sparlc l'l Alhènes n'auront élé que des opuvenls •· Il a beau· promettre aux libres énergies impalienle,; une carrière Infin ie. Si l'œuvro de justice prend la forme du brigandage, si ce sont de8 révol tés de grand chemin qui entreprennent de protéger le pauvro paysan el l'h onnéle muohand coutre les exlor~io, s !les nobles et ùes hommes de loi, c'est que la po1slblllto d'un ordre polilique el soda! nou\cau n'apparall point. l.cs llriqn,1d, sonl un ai ùe désespoir plu~ qu'un appel à l'action : el. Schiller s'applique \ ile dans sa préface à en réduire encore la portée. Son

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