JIISTOlflE SOCIALISTE dn,trie moderne naissante, et quand l'atelier n'tltait encore que la t:amill•'un peu agrandie, de bonnes /lmcs comme Gertrude aient adouci à l'enfance pauvre les ruJes sentiers du travail. ELil était po,:;ible à cou1>:;Clr,,ans diminuer en rien la puissance pro luclive de l'enfance, sans conlrarier la croisSJnceeL l'accumulation du capilal nécessaire à la grande production, de ménager ou même de fortifier la santé et la joie de ces jeunes ètrc,;. ~la,s, encore une foi,, où était la garantie? Où était le pouvoir, conlrôli: du peuple, et pouv.tnLveille1·sur le peuple? Bientôt c'e5l le capital lui-m•'mc qui~ •ra puur les ('nfants enseveli dans le travail industriel, le vrai « maitre du rnleil •. Et ,l le leur cachera ; il les laissera s'exténuer et s'étioler rtans le lung travail démesuré et sombre, et bientôt tout l'éclat de l'enfance ne ,era plus en etreLque pou.siêr,' et nuit. ~lais en celle période incertaine cl di!Iuse de la 1ie allemande où dan5 le régime féodal encore intact commence il pointer à ;,eine la force industrielle, c'est le seigneur souverain qui c,t inlt',li par Pestalozzi ..tu soin de veiller sur les ouvrier, comme snr les pays,rns; ,ü pensée de régénération ne va pa, au-delà. Mais quoi! si le sei1menr est mauvais, s'il est égoï,le et brutal? Si, au lieu de repartir ent-e les paysans des arbres de ses pépinières et de procéder entre eu, à un ~c1uilable partage du bien communal, il empiète au contraire à son profil, el le confisque comme firent tant de nobles en Europe au xm1• siècle, où sera le recours? El si le hobereau, au lieu d'éduquer le5 paunes enfants de, filatures nais-ante,, redoute, comme tant de petits despotes, que ce comme11cemeut de lumière n'él'eille en e[et la fierté des humbles, qui allamera pour le peuple le rayon éteint par l'égoï,me de l'ari,tocraLie? Même cette sorte de démagogie feofale du seigneur abaissant les paysans aisé., « les ventru, », et exaltant les plus mbérablcs, les vagalJrnds, les mendiants, est su5pecte. Ce n'étaient pas le, dénué:i, les misérables, qui pournient s'essayer à la liberté. Ce n'étaient 1,as eux qui pouvaient entreprendre la lutte contre l'ab,olutisme impérial, royal ou prin • cier et contre l'oppression el l'exploitation des nobles. Ils pou,aient au contraire devenir aisément une clientèle de misère animée par le seigneur contre les pay.ans aisés cherchant à s'organiser el à s'affranchir. C'e,t ce qu'essayèrent parfois les seigneurs de France, lorsque, à la Yeille de iî80, pour s'assurer une sorte de popularité dans leur paroisse, ils défendaient le droit de glanage des pau1tes contre l'apreté propriétaire de5 cullivateur5 aisé~. Quand Je Junket' a ridiculisé et humilié ces paysans, égoïstes sans doute, mais seuls capables d'un peu de ré,istance et d'action, quand il leur a un moment retiré leur chapeau pour en coifîer le, mendiants cl les gueux, il parait avoir été assez avant dans la voie d'égalité sociale. Il a bri5é en réalité tout ressort possible de revendication el de révolution. Et quand le Junker, sa journée accomplie, tourne ,a face glorieuse vers le gloriem ~oleil, il est bien en effet le mallre et le seul maitre. Il y a si peu d'e~prit révolutionnaire latent en Allemagne, en ces années qui précèdent lmrn.édiatemenL la
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