Jean Jaurès - La Convention I

l!IS'l'IIIIII•: snc1.1 LISTr•: la pcn;ée. affermir les fonclemcnls ck la ro11n~i>-ance el de re,péri ..11c,•e, 'e,tù-dirc continuer ;, sa ma11ièrc la gra111lPtra<lili1Jn du "'" ••,ii•dc fr,m~ai,'' Il inlcr,·ie11Len réalité pour prot,•,;1•r cunlr,• r.. m,11,il r po,,ible <lu doute 1,,, magnifiques audaces de la science c,pi•ri11i.•11Lal,•.Il corholide la rni,• oü marchèrent les Enc)clopédisle,, Pl il en fait la 1ni,· 1·uyal1•rle la pcns!-r. lé~i-- latrice dPs choses. E11 Lous lrs esprit, allemands rie la seconde nwilie rl11"·rn• :'iède, rhez les plu, mod('Sle; comme che1. le; plus )-:rands, se 111an1uent les trait, rlt'-- cisif's de la cull11rc frani:aise. c·l'sl 1m lih1·1•,ouci de la 1éril1· 11nhrrscllr, c·rsl la hailw ou le dCdain rlu prt•jugt\ c'r;,l lïncr~:;anl appel ü lt1 r,1isùn, c·esl la l.11·)-:e") rnpalhi<' humaine qui ,a a lun, IC'speuple, el à toute, le~ race,, surtout à tous 1,,, efforts de ch·ilis1tio11 el do pt'n,ée, sous qul'!qnc forme cl en c111el111n1aelio11 qu'ils se produi,cnL; c·c,L le 1...,oin ri<' toul comprendre el de tonl harn10ni,,·r, de hl'is1•r l'unilé farlicP de la lra,lition pour cn'er l'unilé ,·i1,111l<' de• la s<'iPnce cl cle re,prit; c·c,t Jïrrspiralion cnc)clOpédique el coc;mopolito, la pa,,iun ùc la scit•nrc !'l cle lï1umanilé; c'c,t le grand mou1•ement que les Allrman,ls onl appelé l'.llf/J.-lt,,,.1111y, reflel du mol que Je xrn,• siècle françai; aimait Lanl cl qui a,ail alor; nn éclat tout jeune et tout I if: les lumière,. En mème temps, el par tin lien plus parlicnlier, par une influence plus singulière et plus p6nélrante, le Gcnevoi,; prote,Lanl l\ousrnau, aYec son rationalisme religieux, a1ec son sens doulourcu, des problèmes morau,, mettait en communication profonde la pcn,(•e rie la l>'rancc cl la conscience <IP l'Allemagne. Quelle ful son aclion sur toute la pensée allt•nramte, je n'ai pas à le dire. Comment une Allemagne ainsi fa~on11è,•par notre \\·111'siècle, ainsi péoétréc d'esprit françab, ne se serail-elle poinl émue au ,,-ranci é,·éMment de liberté qui, en 1780, éhranlail Loule ta France? Comment n'auraiL-elle pas élé attentive à celle afffrmaliou des Droits de l'Homme qui semblait donner il un faiL historique l'ampleur de la pensée, el à. l'action 1•11rlicnli~rPcrun peuple une valeur symbolique el universelle? Mai, si l'Allemagne, au moins l'Allemagne pcnsanlP, étail ainsi disposée d'abord à la s~mpathie envers la Révolution, il ne pouvail y avoir entre J'Allemag11e et la France cette communauté d'action que fonde seule l'union durable des esprits. L'Allemagne. malgré la hardiesse de ses penseurs, n'était pas à l'étal ré,olution11aire: elle n'était pas prôtc à accomplir chez elle la révolution de libcrlé el de démocrnlie bourgeoise que la l'rance, à ses ri$que, cl périls, essayait glorieusemenl. Quatre obstacles principau:( s'opposaienl en Allemagne à. l'action rél'olntionnaire. o·abord le morcellement politique de l'Allemagne empêrhait IP, mouvements d'ensemble. Elle élait divisée en plusieur- centaines de pelils Étal$. Dans la France centralisée el à pe.i p1è, unifiée, 111,·mea,·anl 1,l->Dl,e

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