Jean Jaurès - La Convention I

lllSTOIRE SOCI.\.I,ISTE certain les effets que peu,ent entrainer ces grandes commotion,/ Qui p(•ut, après coup, marquer le point précis où devaient se briser le, flots de l'insurrec Lionpopulaire? A ce prix, quel peuple pourrait jamais secouer le joug ùu despotisme? ... Non, nous n·avons point failli; fen jure par le trône remer:;é el par la République qui s'élève. » En cela, Robespierre était visiblement dans le vrai, el il ne fai,ait d'ailleurs que reprendre ce que Roland lui-même avait dit après le Dix .\oùt el même après le 2 septembre. Ce qui reste vrai, el dont Robespierre, dans les explications qu'il donne des massacres, ne parvient pas à se disculper, c'est qu'il a rnulu profiter du mouvement révolutionnaire pour perdre la Gironde, c'est qu'il a ramené, autant qu'il dépendait de lui, ces vastes commotions à son moi ob,édanl, à son implacable orgueil. Ce qui reste vrai, c'est qu·arnc cette terrible préoccupation personnelle, Robespierre saisira toujours la hache des événements_ pour éliminer, pour émonder toutes les influences rivales. Maisquoi! si la Révolution était restée unie avec elle-même, sila Gironde n·a,ait pas dès les premiers jours déchiré la Convention, qu'eO.Limporté, dans le large développement des forces révolutionnaires, le lancinant orgueil de Robespierre ·1 C'est la Gironde, qui, en dénonçant sa• dictature», la prépare. A mesure que la Révolution se resserre, elle risque de n'étreplusquele piédeslald"unhom ne; el les Girondins se sont acharnés à la resserrer, en ce jour lumineux de dcloire el d'e,pérance où elle aurait pu s'éhrgir dan, la concorde et drns la joie. Ils ne peuvent alléguer, pour se défendre devant l'histoire, que du moins leur passion fui sincère; car c'osl après coup, c'est de sang-froid, c'est dan:; un dessein de domination politique, qu'ils suscitèrent en eux toutes leurs indisnalions philanlropiques au sujet des événements de septembre. li n·y a là qu'hypocrisie, émotion de lhéiltre. • Je pourrais, s'écrie Robespierre, citer en faveur du Conseil général de la Commune M. Louvel lui-môme, qui commençait l'une de ses afll,·hes de la Smtinelle par ces mols: llonneur au Conseit qéniral de la Co111111111te ! il a fait ,0111,a le tocsin! 1L a sauvé Lapairie! ... C"él~italors le temps des élecllous. (Applaudissements à gauclte et dans les tribunes.) • On assure qu'un innocent a péri. On s'est plu ù en cxngérer le nombre; mai; un ,cul, c'est beaucoup trop sans doute; citoyens, pleurez celle méprise cruelle. :--ou, l'arnns pleuré dès longtemps, c'était un bon citoyen, c'étiil donc l'un de nos amis. Pleurez même le:; victimes couvables, résenées à la vengeance des lois, qui sont tombées sous le glaive de la justice populaire; m,,i:; que votre douleur ail un Lerme comme toutes les cboses humaines. • Gardons quelques larmes pour des calamités plus touchantes. Pleurez cent mille patriotes immolés par la tyrannie; pleurez nos citoyens expirant sous leurs toits embrasés. ~lais consolez-vous si, supérieurs à toutes les viles passions, \'O[\S ,oulez a»urer le bonheur de votrn payg, el préparer celui du monùe... La :;eusibililù qui gémit presque eiclusivemenl pour les ennemis

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