Jean Jaurès - La Convention I

420 111ST01f\E SOCJAI.ISTE les nll'illcurs palrio1,,,; je l'en accuse, car je pense que l'honneur drs bons ritoicns el dr, représrnt·111l, du peuple ne l'arpartienl pas. • Je l'accuse d'a,·oir calomnié les m~ 11e,hommr, avec plus de fureur à répo,pie des prrmiers jours de septembre, c'est-à-dire dans un Lemps où les calom11i1•,t'laient des pro,criplion; . • J,• raccu,c d'a,oir, autant qu'il était en loi, persécuté, avili la représrnt,11ionnalio11ale el de l'avoir 1i1ilméconnaitre, pP.r,écuter. avilir . . Je l'acc11,c de t'être cnntinuellcmenl pro luit comme un objet ,l'idolâtrie, d'aroir ,oulfcrl que devant loi l'on dîl que lu étais le seul hon,me vertucu~ de la Francr, le seul qui p_ûlsauver la patrie cl de l'a,oir donné vi113l fois à entendre loi-même. " Je l'accuse d'avoir tyrannisé l'aS$Cmblée électorale de Pari:; par tous les moyens d'intrigue el d'elfrui. « Je l'accuse d'avoir é1iclemmrnt marché au suprôme pouvoir, ce qui esl dt'•montré, el par le, rtils que j'ai indiqués el par loul' la conduite qui pour t'accn~er parlera plus haut que moi. • Je dmtt1111LPque l'cxamm de la conduile soit rnlt'oyé ri un Comité. "Ll'gislillenr-, il e,-t au milieu dr vous un autre homnw rlonl le nom ne souiller., pas m1 bouche, un homme que je n'ai pas besJin rl'accusPr, car il s'est accusé !ni-même. Lui-m~me il vous a dit que son opinion Nait qu'il tallait raire lomb •r 200,000 tôles; lui-même il vous a avoué cr qu'au reste il ne pouvait nier, qu'il avait conseillé la subver,ion du gouveruement, qu'il avait provoqué l'étabfüsemenl du tribunat, de la 1\ictature, du lrium viral; mais quand il vous fil cet aveu, vous ne connaissiez peul-Nre pas rncore toutes les circonstances qui rendaient ce délit vraiment national; el cel homrne e~l au milieu de vous! El la France s'en indigne, et l'Europe s'en étonne. Elles attendent que vous prononciez. • Je demande conlr~ Marat un décret d'accusation (,llurmures à l'exlrtm, uauche; applaurlissemenls sur les attires bancs) el que le Comité de sûreté générale soit chargé d'examiner la conduite de Robe<pierre et dr qurlques a11lres. » Mais pourquoi cette ditrérence entre Marat el Robesp icrre? Pourquoi décrNer d'emblée la mise en accusation du premier el demander une enquête seulement sur le second? Louvel avouait donc par là que lui-même n'avait pas une confiance absolue dans la force de sa preuve, car si le crime de Rohe,pierre prétendant au pouvoir SUJJrêmeet y m,1rchanl en elfel avait été démontré, il était bien plus gra,·e que Lou~11:,;propos de MI rat. Ni Louvel, ni la Gironde ne se senlirenl capables d'entrainer la Conven lion à un ,olc décisir contre Robespierre. La déception de la Convention était grande. Ce qu'elle attendait de• Girondin , ce n'était point la preuve que dan, J;1 crise révolutionnaire d'où la République était sortie Robespierre avait manœuvré pour accroitre le plus po.;sible son influence politique et celle dela Commune.

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