Jean Jaurès - La Convention I

liJ2 !IISTOIIIE SOC:IALISTlt piète; qu'il fallait encore une nouvelle saignée, mais plus copieuse que la rrcmirrc. • lious :11011•, disail-il, la cabale n.oland Cl Dri~sol dont il faut nous « dèfairr; on s'en occupr•, et j'espère, poursuivait-il, que sous quinze jours « au plus tarcl, ce sera fait.» Faite~, je vous en conjure, le profit de la société de l'avis que je vous donne. Je n'ai pas voulu demande,· le nom de ce particulirr, parce que j'ai craint que l'on soupçonnât !"usage que je voulais faire. Cepen lant si vous êtes jaloux de le samir, je pourrais vous le dire sous ùeux jours au plus lard. li est Lemps el grand temps d'arrêter la fureur des assas- ;.ins. Je gémis à mon particulier de voir les horreurs qu'on nous prép:irc Duzol leur d6plail beaucoup, Vergniaud, Guadet, Lasource, etc., voilà ceux que l'on nomme pour ôlre de la cabale de Roland; ils ne veulent entC11dre pm·ler que de Robespirrre. • Un membre : « Ah l le scélérat l • « Je ne signe pas, et vous sa vcz bien que ce n'est pas la confiance qui me manque, mai:; je crains de vous compromettre. Je ne connais guère qu'un moyen de lcmp(•rcr rarcleur des assassins : cc serait de solliciter la loi di-jit JH'OJioséecontre les provocations au meurtre, et sitôt qu'elle serait promulguée, de mettre à leurs trous.~esdes gens s11rs qui les dénonçassent. Si on en punis,ail un seul, il n'y aurait plus de prédicateurs de !"assassinat, el l'ordre régnerait ince~samment. « L'accusateur public est grand ami du quidam chez lequel j'étais. Il lui a fait tenir une lcllre au tribunal; m1is j'ignore ce qu'elle contient. « L"homme donl on ne savait pas le nom c·est uu nommé Fournier I'Américain, demeuranl rue Ncuve-du-Luxemhourg, chez un apothicaire. « Je soussigné, certifie que la présente lcllre m'a été adressée par le citoyen « ,!arcandier, qui connait mon amour pour la patrie. En foi de quoi, j'ai « signé le présenl, aujourd"hui vingt-six octobre mil sep\ cent quatre-vingt • douz ', l'an premier de la Répnhlique. « Signé: Dubail, vice-présiùcnt de la seconde section du tribunal criminel ùe Pari,, rue de Vaugirard. • Pour copie conforme : signé, Rou~o. » El le procès-verbal note : J'i/ 1,wuvement d'émotion. Quoi? de l"émolion pour cc chilTon de JJOliceinepte el abject? Ce ne pouvait être qu·une émotion girondine, une émotion calculée el feinte: car que signifie ce document plus que bizarre? D'abord la lettre est destinée à ,être mise sous les yeux du ministre de la justice, et elle est adressée au sieur Dubail qui la transmet. Son auleur ne signe pas pour ne pas compromettre le deslinataire; et le deslinalaire en connait néanmoins le nom el s'empresse de le livrer à la publicité. Toul cela, ce sont évidemment de petits moyens de policiers chr.rchant à intriguer Gardt, le ministre de la justice, et à se pousser auprès de lui. Je ne sais si je me trompe, mais je reconnais dans ce factum l<A Illdlli~rl} prétentieuse, seolenlieuse, dilatoire el vague de " l'observateur

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