Jean Jaurès - La Convention I

' .,. lllSTOI Ris SOCIA LIS'l'g saisit l'Assemblée législ ,live d'une plainte contre l'acte • arbitraire • de la Commune. L'Assemblée lt·gislalive mand., immédiatement de,anl elle le conseil général de la Commune qui ne vint pas, cl elle cassa, le 31 aoùt, comme contraire ù la liberté individuelle, l'arrêté contre Gircy-Dupré. Enfin, l\oland, tout dévoué à la Gironde, se plaignit, le :JOaoût, que la Commune en s'empar,rnl de tous les pouvoirs, les désorgani:;(ll. • Je m'étab procmé la note e~actc des subsistance:; qui se trouvent dans la capitale, el j'avais pris des arrangements a,ec le comité des subsistances de la \ïlle de Paris; mais ce comité, en qui je mettais toute ma confiance, vient d'Nre cassé par les représentants pro,·i,;oires de la Commune, aimi que le s:eur Cousin qui en était le chef. 'l'ous ses travaux sont suspendus par cette désorganisation et dans cet étal de choses je ne réponds plus de l'approvisionneme11l de Paris. • JI semble qu'avec un peu de bon vouloir ces conOits administratifs auraient été aisément réglés. Mai$, en réalité, c'était un grand conflit politique qui se développait. l\oland ajouta: « Je suis chargé par !'A-semblée, sous ma responsabilité, de la conservation des effets déposés dans le gardemeuble. J'ai nommé pour inspecteur de ce dépôt national, M. Restou, homme honnête et très estimé dans les arts. li vient de se plaindre qu'on avait enlevé du garde-meuble un I clil canon garni en argent, el porté sur le catalogue des effets dont il est responsable. li m'annonce que la même perrnnne a enlevé des papiers dont je ne connais pas l'importance. • Roland, méticuleux el boudeur, agp-ra,ail par son humeur chagrine des dilficultés que peut-être un esprit plu, délié et plus tolérant aurait aisément résolues. Mais la Gironde voulait en finir. Une partie de la population de Paris était lasse de l'activité un peu inquiète, irrégulière el menaçante de la Commune. El à la Législative, les ~ioutagnards eux-mêmes commençaient à s'irriter. En humiliant l'Assemblée, la Commune les humiliait. De plus, a,ec leur grand sens révolutionnaire de l'unité nationale, de la concentration des pouvoirs, ils craignaient que l'action déréglée de la Commune de Paris ne compromît l'unité d'effort et de combat. Très habilement, la Gironde laissa la parole aux Montagnards irrités. 'l'huriot, qui avait d'admirables accents d'humanité, mais qui ne voulait pas faire le jeu de la Gironde, défendit un peu la Commune . .\lais Choudieu et Cambon marchèrent à fond. Cambon s'écria:« ll est important pour fixer l'Assrmbléc, qu'elle se fasse représenter les pouvoirs qui ont ét,i donnès à ce, mnnicipaax provisoires par le peuple: car s'ils n'en ont pas, ce sont des usurpatP1trs; ils doivent être punis comme tels. • Choudieu commente lui-même, dans ses notes, son intervention: « Je portai la parole après M. Cambon et dis: • Il est temps d'appeler l'attention " ùu Corps législatif sur la conduite de la municipalité actuelle de Paris. « 'i'out en reconnaissant qu'elle a rendu de grands services àans la nuit du 9

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