lllSTOlllE SOCIALISTE 33 champ électoral parisien. Elit sentit la force du coup, et elle songea aussitôt à frapper la Commune. Le journal de Brissol, le Patriote français, dit le 29 aoùl: • Les pouvoirs institués pour donner il la machine politique un mouvement ré\'Olutionnairc doivent cesser a,(•c ce mouvement, parce qu,• ces pouvoirs ne peuvent être qu'une dictature; et qu'une longue dictature, qu'une dictature même dP plusieurs jours, ne peut être !lue le tombeau de la liberté. Tant que les commis,aires provisoires de la Connnune de Paris ne se sont occupés que de diriger la révolution rlu 10, que de 11ourSUI\T~des conspirateurs et de surveiller ceux qui pouvairnt être accusés de l'être, les pal riotes ont ,u sans h1quiélu<le des pou,·oir, !lui, éclos par la f,•rmentation, doivent linir avec elle el s'alilmer dans la souveraineté du peuple; mais dès qu'on a vu ces connnissaire, prolonger leur autorité dictatoriale, usurper les droits de la Commune, dis;oudre et recréer les administrations qu'elle seule pou,ail recréer el dissoudre, se rartager des places qu'elle seule pouvait remplir, su,pendre des magistrats nommés et chéris par le peuple, exercer enfin des actes que les circonslances 111è111es ne pouvaient justifier, alors lrs bons citoyens ont ouvert enfin les yeux; ils onl vu qu'ils n'av,lient pas conquis deux fois la liberté pour la liner à des intrigants, et qu'ils ne devaient pas élever sur les ruines du despotisme royal el patricien un despotisme pins dur el plus haineux. » C'éla:L la guerre à fond. Le lendemain, le Patriote français insiste. • Il est impossible de faire rentrer dans les limites des lois le pouvoir qu'on a 111's momentanément au-de,sus des lois pour sauver la patrie; la lenclance nainrelie de tout pouvoir le ~ous,e à l'usurpation; <1u·onjuge sil est facile de le faire renoncer à ce que la force des circon,tance, ou un ,œu temporaire ont pu y ajouter. Quiconque a réfléchi sur la nalure de l'aulorilè el sur les lob éternelles d'après lesquelles tout marche dans l'ordre mor,d a dù prh·oir que la commission dictatori tic de la Commune de P.,ri:;, ind ,pc11sable dan, 1,.. premiers moments de la rè,olulion du 10, utile plusieurs jour, ;'l,ri's, finirail par èlre dangereuse, en proportion même des services qu'elle aurait rendu,. parce qu'il élail évident qu'elle prolongerait les moyens révolution11aircs au delà du moment de crise qui les avait nécessités. » Le ton est modéré et le tour du raisonnement esl habile. Mais la conclusion est tranchante. li n·esl pas possible de ramener ,fans les limites légal,•s le pouvoir révolulionnaira de la Commune. li faut donc l'abolir. La Gironrl,•, en ces derniers jours d'aotit, lui porta plusieurs coup,. ffaliord, quelque, sections modérées, la section des Lombards, celle de la llalle au Blé retirèmrl leurs commissaires à la Commune, et firent ainsi une brèche à la municipalilè provisoire. Puis, la Commune ayant traduit à ~a barre le journali;le ami de Brissot. Girey-Dupré, pour avoir à rendre compte de ses attaques contre le con,erl général de la Commune, Girey-Dupré résista par une lelll'e vigoureuse. El il
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