Jean Jaurès - La Convention I

ll1$TOJRE SOCI.\LISTI': 303 A ce moment, le journal de Prudhomme. tout en combattant le 1,rojel de garde départemenlale. accu,c non les Girondins (JUi la propo,enl, mais le Comité de surveillance qui semble s'ingénier t\ la rendre néce,sair,•. lluitjour;; aprè,, dans le numéro du û an i3 octoùre, c·e~t un tout aulre langage. Les déclarations et les menaces de Buzot ont produit len1· c!Tet.Le journal comùat violemment le projet de • maisun militaire • de la Co111,•nlionnationale 11cite d'abord les fortes parnles d,• )lontP,quicu: « L'opinion puùlique se tro111csans énergie ni liberté, lorsque le coqs législatif met. comme les em1ierè11r, ronuins, une lète de méd11-e -ur ,a puilrine. lorsqu'il prend cet air men 1çanl el terrible que Cornmoùe l'aisa il donner à ses statues, lorsqu'il méconnait les bornes de son autorité, el lorsqu'il ne senl pas lJien qu'il doit se juger en sùr,•Lécomme un despote doit se croire en péril.,, El il ajoute:" La Co111enlionnationale se met en garde contre Paris; qu'a-lil fait pour exciter la défiance de, représenlants du peuple? Paris s·csl sacrifi,, pour la Révolution ... Un parti, dans la Convention nalio11tdP, solücile unr 1111rdeparticulière. Citoyen", pt·enez-y garde; celle mesure projelée nous menace du despotisme le plus affreux. L'A,,eniblée réunissant IOlb le, pouvoirs, celui de faire des loi,, celui (l'e,écuter les résolution;; publique,, qui sont les siennes propres, el celui de juger, si tel est ,on lJon plaisir, les crimes ou les individus, si nous lui fournis,ons de:; janissaires, autant Yaudra-1-il ,ivre sous la dynaslie du sultan, ou sou, l'arislocralie vénitienne ... Pourquoi vent-on donner nne garde à la Con1·1•ntiontwtionale ·?Ce n'e,l p;1s qu'on croie qu'elle en a besoin. Le Parisien n'a-t-il pas respecté m,0me les .\iaury el les Mirabeau cadet? ~lais c'e,l que celle garde semblerait dire hauLemenl à toute la République: « Citoyens, les Pari,iens sont des factieux,; l'i c'était là le langage de ColJlentz, des Tuileries. l'i des aristocrates de tous les partis. « Buzol ne s'en est point caché à la séance du vendredi i~ du couranl. Ce député du département de l'Eure a levé tout à ail le masque, à l'occasion d'un arrêté de la· section de ~larseille ... Di~, Buzot, ce langage ']Ue tu as tenu n'est-il point d'un véritable factieux? • Ainsi la Gironde, par ses provocations imprudentes el insen,ées, avait tourné contre elle des esprits d'abord assez favorablement disposé,. Carra que l{m• Roland appelle « un fort bon homme à lrè:l mauvai,e tète •• dont « les Annales réussi~s.,ienl merveilleusement dans le peuple par un certain 1011prophétique toujours imposanl pour le vulgaire•, refusait nellemenl de s'associer à la campagne de Buzot. Je lis dans le numéro du 9 octobre : • Quoique nou, ayons lu les débats sur la force armée des départements dont la Convention croit devoir s'entourer nous sommes encore à chercher la grande utilité de celle mesure ... Ce n·esl pas sur la force armée que doit reposer l'indépendance et la liherto de la Convention; celle force ne peut ni ra~surer ni la garantir à la RépulJlique,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==