ll!STOII\E SOCIALISTE 393 caution expresse contre elle, le glai,e de la France tourné contre le carnr de la France! C'était le délire de la provocation. L'émoi de la Convenlion ful ,if, el l'agitation exlrôme. Pour be1ucoup de clépntés Je voile se déchira soudain el ils virent où on les menai!. Après avoir défié el menacé Paris, Buzol défie cl menace les Jacobill5. fi crie à ceu~ qui murmurcnl el l'interrompent: • Si quelques ciloyens, membres d'une ,ocièté autrefois célèbre par son amour de la liberlé, si ces citoyens ont osé dire dans celle société que les 82 départements ne pom·aienl emoi·er pour irarder leurs représentants que des hommes 11uine sont point éleYés encore à la hauteur de l'esprit public qui règne à Paris, je dirai, moi, que les départements enverront des hommes soumis à la loi, des hommes dont le patriotisme consiste à chérir et défendre jusqu'à la mort la liberté de leur pays. " ~lais on dirait que Buzol a lui-même le sentiment qu'il force les coulrurs, qu'il dramatise à l'excès les événements. Sans doute il devait se demander loul bas, lui qui avait constaté naguère dans l'Eure à quel poinl les di\ is'ons du parti révolutionnaire y élaienl inconnues, si son allitude soudain violente el agressive y était comprise. El il èprouvail le be,oin de se couvrir de ropinion de ses commettants, sans doute solliciLée par lui. • Que les anarchistes ambitieux sachent bien, s'écrie-l-il, que déjà celle garde se lè\'e dans nos déparlemenls, qu'il, sachent que notre vœu a été prévenu el qu'il sera rempli, el j'annonce déjà que mon département m·a <léclaré que ce que j'ai fJiL est bien el conforme aux principes. • Sans doute, el comment les commettants de Buzot, hahitués à mettre en lui leur confiancP, la lui auraie11l-ilssoudain relirée ·> ,\lais à coup sùr un étonnement douloureux el une croissante inquiétude. les pénétraient: Que se passe-l-il donc à Paris '111s refuseront bientôt de s'associer à celle politique furieuse. Et comme on comprend que, le soir de ce jour, Couthon, aux Jacobins, ait ,etiré son adhésion première au projet de garde gouvernrmentale donl Buzol venait de livrer, avec une sorte d'exaspération ma!arlive, le véritable sens! li mettait dans une situation terriblemenl compromettante ceu, de ses amis qui essayaient encore de présenter comme un gage d'amilié envers Paris l'appel fait uux départements. Le 9 octobre encore le journal de Brissot écrivait: « 011 avait cherché à alarmer les ciloyens de Paris sur cette mesure. Buzot a prouvé qu'elle élail hautement réclamée par l'inlérèl de celle ville. Paris ne subsiste que par ru. ailé el lïndivisihililé de la République, que par son union in lime avec les départements; c'est là qu'est le secret de sa population et de ses richesses. Or, la mesure propo,êe, outre qu'elle est uni' garantie de l'indhisibililé <Je l'Empire, mulliplie et re,scrre les rapports des Parisiens avec, le reste des •·rançais. • C'est ainsi que Brissot résumait la pensée de Buzot:• union intime de Pdris et de la France. • El trois jours après, le mème Buzot dénonçait el menaçait Paris au uom de la !'rance. Ainsi se révélait au< observateurs les
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==