Jean Jaurès - La Convention I

3(12 lllSTOII\F. SOCI.\LISTE qu'il~ arnienl un moment r,ercée, rl'lcnaicnl quelques halJiludes hautaine, de hngage; mais il- n·o,aienl pas enf;ager la lulle contre l'Assemblée sou,·rraine en qui toute la force réYolulionnairc rie la nation était légalement concenLrér. Et comrnr quelques murmures accueillaient, à la Convenlion, la lecture de l'arrNé du Tlw,Ure Français, Vergniaud, d'esprit plus large que la plupart ,•es Girondins el d'âme moins puéril,,menl batailleuse, rappela les pl11, écha111Tè,au IJon sens: « Je ne pense pas que nous puissions conclure de, termes de cel arrêté, qur la section qui l'a pris soit en étal de rébellion ou- ,ertr à la loi. JI l est dit que, sur l'invitation de la section du )larais, elle se propose de ,ous présenter une pétition pour vous engager à décréter le ~crulin à haute voix; mais elle dit en,uite qu'elle se soumettra provisoirement t\ la loi. Jr crois que, dans l'état présent des choses, le pré,idenl el le secrétaire qui ont <igné cet arrêté doivent être mandés à la barre.• )lomoro démontra rnns peine, le lendemain, que la section avait, dans l'élection du maire, observé la loi. li a,sura qu'elle le ferait (L l'avenir, cl cet incident fut clos, malgré les elTort, du président gironrlin Orlacroil pour l'en,enimer, par un décret de la Convention c1ul admellail )lomoro et Peyre au~ honneurs de la séance, el qui passait à l'ordre du jour ,ur l'am'Lé de la section du Théâtre Françai,, par cc motif• que la loi amil Hé e,érutée dans l'élection ùu maire, et le serait dan, lrs autres élection, •· Ainsi s·arnrmail la force lranquilk ile la Convention qui aurait peu à peu ramené aux conditions de la vie normale et sou~ la règle des lois toutes les forces un peu errcr\'e:-cenles que le grand mou,·ement du 10 août aYait suscitée,. )lais écoutez le cri de rage qu'à pr·opos de cet incident pousse le funeste Buzot. aigre inlc•rprèle des rancune, du ménage Roland contre Paris: « Je ne mis. clil-il le 12 el sans tenir compte du rappel à la ~agesse de Vergniaud, je ne ~ais si vous Ill' devez pas plus ùc pitié que de colère à ces hommes qui s'élèvent contre vo, décrets; je les appelle des hommes, car ils n'ont plus le litre ùe ritoyens ceux qui cessent de reconnallre les lois de la République; mais il est bien étonnant qu'une partie de celle ville, qui devrait environner de ,a confiance cl prolt'grr contre les ennemis intérieurs la Convention nationale, soit prt'le à se mellre en insurrection contre elle. Yous en tirerez san, doute l'induction nfce,,aire qu", puisque les S!l autres dt:partemmls vom 0111seuls conservil Ioule leur co11/ia11ce, vous deve; tes at'oi,· ici. • Vraiment on rlirail une gageure rle guerre ci vile, un par li pris de suicide. Quoi! à cau~e de l'arrM~ ,l'une section de Paris, qui d'ailleurs s'élail soumise à la loi, il faut que la Co,11ention constate olllciellemenl qu'elle ne peut plus compter sur Paris pour la défendre el pour défendre en cil•• la Révolution! li faut qu'elle oppose ouYerlrment, criminelleme11l, là France à Paris, el que celle garde déparlcmentalc, annoncée d'abord comme le lien vivant de toutes le, forces de la patrie, soit maintenant une menace pour la capitale, une pré•

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