380 IIISTOllrn SOCIALISTE di·lruire l'unité en France. et je propo,,• de décréter que la Convention nationale pose, pour IJa~eclu gou1ernrme11l qu'elle rn dablir, l'unité de représe11lalio11 et d'e,écution. Ce ne sera pas sans frémir !JUe les Autrichiens apprendrnnl celle ,aintc harmonie; alors, je yous jure, nos ennemis sont morts. ( J ïf, appla11dis.1emr11ls.) " )Jais c·esl cette« harmonie sainte » que la Gironde ne voulait pas. Danton, par ses propositions loyales, par la double loi 1>ortéecontre les projets de dictature allribués aux uns, contre les 1orojelsde l'édéralisme alll'ibués aux autr,•s, réalisait l'union. Le désa,·eu infJ.0 ,· par lui à Marat réduisait celui-ci à Iïsolemenl el à l'impuissance .. \lais c'est la guerre à morl contre Lousses rilau, que la Gironde pour:;ui\'ail. Buzot répondit âprement à Danton. Qu'importerait, dit-il en substance, de \'Oter une loi contre la dictature, si on ne YOlail une loi contre les moyens qui la préparent• Ainsi, c·esl une lèi,islalion lcndaucicu,;e el captieuse qu'il ,oulail comùiner : comme si ce n'était poinl la lutte des raclions qui rré~arail la dictature, comme si, en cherchanl J'uniou, Danton ne garanlissail point par là 1Hi·mela liberté! Robespierre intenint à son tour; mais il indisposa la Convenlion, déjà animée contre lui, par la longueur de ses explications personnelles. Il célébra ses vertus, son clésintéres,emenl, se mil au premier rang des révolutionnaires par la violence des haines suscitées. El toujours l'irritant refrain : c'est moi qui ... c·esl moi que ... c'est pour moi... Du reste, il se ralliail aux propositions de Danton. E,cité sans doute par l'accueil très froid el presque hostile qne la Con- ,ention fil à Robespierre, Bnl'liarou, se leva pour préciser l'accusation. • Barbarou,, de Marseille, se p1·ésenle pour signer la dénonciation qui a été faite. Nous élions à Paris, dit-il, av,mt el après le 10 aoùl; ,·ous savez quelle conspiration pulriotü1ue a élé tramée pour renvcr,er le trône de Louis X\'!, le tyran. Les )larseillais ayant fait cette Révolution, il n'était pas étonnant qu'ils fussen l recherchés par les ditî~renb partis qui malheureusement divisaient alors Paris. « On nous fil venir chez Robespierre. Là, on nous dit qu'il fallait se rallier aux cilo~·rns qui avaient acquis de la popularité. Le citoyen Panis nous désigna nominativement Robespierre, comme l'homme verlueux qui devait être dict'lleur de la France. (.llouvcments d'aqitation et mw·mw·rs.) • ~lais nous lui répondîmes que les ~larseillais ne ùaisseraienl jamais le fronl, ni devant un roi, ni devant un dictateur. ( Vifs applaudi,srmmt.•. l \'oil I ce que j~ signerai el que je défie Rob~,;picrre de démentir. » Que de llruil pour peu de chose! Je sui:; trùs porlé à croire que le propos de l'anisa été, en efît•t, trnu. Mais quelle importance cela a-t-il? El suf~ra-t-il de la parole indi:scrNe d'un ami trop zélé pour convaincre un homme •d'avoir marché à la dictature? Dans les jours qui précédèrent el dans les jours qui
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