Jean Jaurès - La Convention I

30 IIISTOlllE SOCIALISTE « li pourrait se faire que les membres qui composeront la Conve11l101n1ationale voulussent encore cles rois; mais que les braves Parisiens tiennent hon, car jamais les rois ne leu,· pardonneraient cle les avoir détrônés quelques mois. J.a füte civile est suspendue, il est vrai, mais elle exblc cnc0rc dan, !Ps caisses des banques, dans les biens des émigrés, dans les ressources des ciclcl'anl grands seigneurs, des riches capitalistes qui feraient les plus grands s1criflces pour ramener un ordre de choses qui leur étail si favorabl<". • « Si la Convention nationale s'ai-isait di• vouloir quitter Pari.,, je le dis tout haut, je sonne une troisième fois le toc,in : Arrèl~z les scélérats! " Ainsi, avant que la Con,cntion se rassemblât, avant môme qu'elle fùl élue, la Hévolulion parisienne s'apprêtait à la surveiller, à l'imn,oh,li;er à Paris pour la tenir sous son contrôle. Pourtant, Chabot ne suit point )Jarat jusqu'au bout : c'est contre les royalistes, les modérés, les Feuillants, qu'il lournc la pointe clc la Commune; mai,; il ne menace pas clirectcmenl le,; Girondin:'. Ils ont rnté les poursuites contre Lafayette. lis font donc, de droit, partie tic la né,olution. « Si le, deux cent vingt membres qui ont 1olé contre Lat,)'e'lt> l'UUS rrstent, ajoute Chabol, je crois pouvoir vous le dire, la chose publique e,t swHe. Si, au contraire, c'était la majorité ùc celle assl'mblée légi.,latilo gui clùl ~a<>•'ril la Convcnlion nationale, alor, gardez vos armes el veill~z. • Ainsi, la Gironde étail admise, wais sous la surveillance de la Commune de Paris. Le manireste électoral des Jacobins, lancé le 2Z août, est dan,; Il' m,1me esprit. li fait accueil iL la Gironclc, mais il fail de Paris le gardien de la lluYolulion. « De notre choi,x dépend le succès de notre cause ... L'.\•oc 11hléc a d, truit le mur de ~épar.ilion que nos constituants avaient élevé entre les ciloyeu,; elle a supprimé, sans indemnité, lous les droits féodaux, exceptu ceux qui sont prouvés, par le litre pt·imitir, èlre le prix de la conces-ion du fonds. • Il est peu cle ci-devant seigneurs qni pui~senl faire cette preu,·e. Elle a foit justice des rois el des prêtres, des émigrés el <le leur, nobles rorrespontlanls, de l'ari•tocralie bourgeoise el flnancière, en un mol, de tous nos ennPmi~. Elle a rélabli le règne de l'égalité en appelant, sans distinction, le peuple à l'exercice de sa souveraineté. C'est à nous ùe le soutenir, el nous le pou,ons, en éloignant des assemblées électorales tons crux qui onl protégé, iuôme indirectement, la cour el le sacerdoce, les émigrés et leurs adhérenls. Notre choix ne peul être difficile; les palrioles font la majorité de la nation. lis peuvent donc, s'ils ,avent se réunir, faire des l'hoix farorahlcs à leurs intérêts. Les électeurs élanl payés à trois livres par jour et à trois sols par lieue pour leur voyage, il n·e.t plus néces,aire d'ùtre richr. bourgeois, prêtre, ou ci-devant nohle, pour nccepler cette noble mi,sion, et si la majorité des électeurs est au niveau de la rérnlulion du JO aoO.l 1792, nos nouveaux députés

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