300 JIISTOlf\E SOCIALISTE parfois divergente<. On dém0le pourtant la direction communtl de ses pensées: « Je n,• sui, point de l'ads du Comité, dil-il le 20 novembre iï!lt; je n'aiml' point l<'slois \'iolenles sur le commerce. On peul dire au peuple ce qu'un ,oldal carthnginois disait à .\nnibal: « \'ous savez vaincre, mais vou, ne ,a Hz pas profiler de la victoire.» Les hommes généreux qui ont détruit la tyrannie, ignorent-ib l'art de segou,·erncr el de se conserver? • Tant de maux tiennent à un désordre profondément compliqué. Il en faut chercher la ,ource dans le mauvais système de notre économie. On demande une loi sur les subsistances. Une loi posilile là-dessus ne sera jamais ~age. L'abondance. est le fruit d'une bonne administration. Or la nôtre est mauvaise ... Si donc vous voulez que l'ordre et l'abondance renaissent, portez la lumière dans le dé Jale de notre économie franç,lise depuis la révolution. " ~lais la première condition, si l'on veut guérir le mal, ce sera d'avoir un gouvernement stable, vigoureux cl homogène, capable d'imprimer à un peuple fier Cl libre le mou,·emcnt d'ensemble que le de,i>olismc imprime parfois aux pcu1>lesasservis. • Les maux de ce grand peuple, dont la monarchie a été détruite par le, Yices de son régime _économique, el que le guùt de la philosophie el de la liberté tourmentait depui:; longlemps, tiennent à la difficulté de rétablir l'économie au milieu de la vigueur el de l'indépendance de l'esprit public. ~lais ce qui perpétue le mal, c'est l'imprudence d'un gouvernement proYisoire trop longtemps soulîcrl, dans le4uel tout est confondu, dans lequel le, pur$ éléments de la liberté se font la guerre comme on peint Je chaos a,·anl la nature. « Examinons donc quelle est notre situation présente. Dans l'affreux étal d'anarchie oü nous sommes, J'hoi:nme, redevenu comme sauvage, ne reconnait plus de frein légitime; l'indépendance armée contre l'indépendance n·a plus de loi, n'a plus de juges, el toutes les idées de justice enfantent la 1·iolencc el le crime par Je défaut de garantie; toutes volontés isolées n'en obligent aucune; H chacun agis,anl comme portion naturelle du législateur el du nni;-islral, /es ülh·s que charwi se fait de Cord,·e opèrent le dr',ordl'P génr'ral. « li e,L dans la nature des choses que nos affaires économiques se brouillent de plus en plus, Jusqu'à ce que la llépublique établie embrasse tous les rapports, tous les intérMs, tous les Jroils, tous les devoirs, el donne une allure commune à toutes les parties de l'État. » Jamais les modérés, jamais ceux des Girondins qui ont déclaré une guerre implacable à la Commune de Paris n'ont marqué avec plus de force les fu_- ne,Le:; elfels de la dispersion des volontés, de l'universelle anarchie. Mais ce n'est pas une coterie de bourgeois brillants, éloquents el frivoles, c'est le
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