Jean Jaurès - La Convention I

28 HISTOIRE SOCIALISTE faul qu'elle soil imposante autant que prompte el terrible. L'exercice de ces nou,elles fonctions était iucompalible avrc celles de rcprés •nL:mLde la commune qui m'a" ,i,•nl clé confiées; il fallait opter; Je sub resté au po,te où j'étais, cùnvaincu que c'était là où Je devais acLuellemenL servir la patrie. • Pitoyable sophi~mr cl dont il serail humiliant d"ôtre dupe. Il ne s'agissait poim là 11ï11imilié- personnelles; et Ro!Jespierre le plus ,011\enl s"était ab~Lenu dr d1·si~nalion, iudivicluellt•s. D"ailleurs, en ces sortes de procè,. toul citoyen e-l à la lois juge cl partie, cl quel e,L le révolutionnaire, quel est le palr10Le du Dix AoOLqui ne 1>ou,ait alléguer aussi qu'il avait élé l'ennemi direc1 de ceux qu'il falla1tjuger? DauLonavait-il donc refusé sou, ce préle\le le ministère de la ju,Lice? Non, il y avait, au contrair,', un inlérél de premier ordre à ce que le tribuual crimiuel ftH JHé,idé par un homme qui inspirait Loule conliance à la Révolulivn. C,•la donnait au peuple les garanlirs de vigueur el de sincérité donl il a\'aiL l,c,oin. E1en m~me Lemps, forl de la confiance qu'il illSJJlrail, l~ pré~idenl du tribunal révolutionnaire pou,ilil re,Lcr mo,léré et Juste. li dépend IÏL peul être de Robespierre, en acceptant, d"éJJargner à la Révolu lion les massacre:; qui> Mar;ol clemandail el qne tout Paris pressentait dès lor,; lu~ubremenl. Robespierre se déroba, par peur de• re,pon•abilités, p1r calcul sav,,nl d'a111hition. Acceptanl, il aurail dO prcnrlre ,ur lui, 011verlrnw11l, la rhari:e des jus:emenls rigoureux qui allaient ôlre rendu, au nom cle la patrit' trahie, de la liberté outr,,gée. li aurait dO prendre aus,i devant le pcnplr ,nrt•~cité la rcspo1 sahilité plu, lourde encore des acquittement~. Ou bieu 11a111ailcédé à t,iulrs le, impul,ions de la ,engeance populaire, et il se r.l\,t'aiL, u rôle ,te j l!(e à celui de bourreau. Ou bien il aurail ré,islé I arfois, el oppu,é l'huma111Léel la r,,i-on aul rureurs de la ,engeaoce, et il ri~•1uait dt• pcrdrt• au ,cr- , ice de la llévolulion une pa, t de soo crédit. nobes11:erre n'aimait pas le, !onctions décisives où des acles précis enlral·ient drs re,ponsabililès dèler1ninées; il prérémiL le rôle de conseiller où l'habile tquilibrt' des phrase~ el l'ingénieuse co11Jbinai-on des altitudes permellenl d'~luder les responsabilités définies el directes. Peul-être, s'il avait eu le courage d'accepter, le peuple n'aurait-il pas eu le furieux acr.ès d'impatience et de soupçon des journées de septembre. P1•ul-éLre la Commune qui, en seplrmhre, lab-a faire le pruple ,erait-elle inlt•rvenue pour a, r(Jler un mouvement dirigé, eu somme, contre le tribunal criminel convaincu d"insuffisance et de lenteur au,si hicn que contre les pri,onnier:-.. ELsi Robespierre avail lai~sé, un moment, dans cette rlifflcile et redoutable fonction, une parl de ~on crédit révolutionnaire. c·e,1 au ~enke de la ltévolution qu'il l'eOt dépensé. li n'osa pas, el par i'g0Ismed'amhilio·1, il refusa le péril. Je con~idère que par ce refu~, il a as,umé, dans les Journées d,• septembre une grande parl de re~ponsabililé. Quanù li. llamel, en son zèle oulrô

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