Jean Jaurès - La Convention I

3',0 IIISTOIHK SOCIALIST~; burnr, ,i ton rnu, ,,,.,,p,,,ail de 1·011, acheter vo., récott,•s, a/i" 1/111' vous n'et",ir::; plu," 1r,1itu/rPni /'1•1111, 11iIr /ru, 11i !Jdlr, ni tP111phe;si t/JW lrs an.< 011 1, 0us ln pn!fait Ir 111ili11rp i.c unr fois co,wenu de r1réà gré, suit que t'auué,· ftll hu1111r 011 11111111·ai,e; si l'on vous sauvait de toute i11q11i,:t11de el 111,: 111 r dr., rmbarra, dP la 1·e11tP,ahHi que dP.<frai., de tran<port, nr urie::;- r·nu, p11strè, ai<r.<dl' 1wm•oir accepter li/JrPmrnt tmr telle proposition? fié l,ir11 / il ne manque à cet 1•/{clque l'occasion qu'il sera bien facile de faire 1111ltrr. " Et voit.,, marchand< (Ir, blh et fari11rs, rt l'//IIS,mewtil'rS el boulan- {Jers,1te serie::;-vouspa< biPILaisrs rie trouvrr da111votre commerce et vos posses<iunsplu, de profit l'I moins rie ri.<q11es?Ne seriez-vous par bir11aises de trat·ailln à votre fort1111cat'ec un succès crrtain, de jouir rn mème temps de l'Pstimr p11/Jliq11e,t de 11'hre plus exposés à l'animosité du peuple? Hé bitm! il est facile d'amélioi-rr votre existence jusqu'à ce drqré-là. « Et vous tom, citoyen<, qui n'ètes ni cultivateurs ni marchands de ble, ne serie::;-vouspas bien ai.1esde n'~tre plus dallS le cas dr perdre du temps rn allant aux mnrclu's o,i l'on ne va jamais sans soucis et d'où l'on 11eredent trop souvent q1t'av1•cdes 1·egrets el des plaintes? Ne seric::;-i-ouspas bie11ai>e<d'èire a.<surésqui' chacun de vous eût en tout tnnps sa proi•ision sous sa main avant de l'arhrter; qtte, dans tous les temps el tous les lieux de la France, clwcwi ma11q1•/itda bon pain, sans aucun chanoement de prix? Ne soulwileric::;-vous pas qui' la valeur d'une journée de travail et de toute mai11d'œ1wre fût la même partout? Que les huiles el les vin<, les laines, les cuirs, lrs cha11vres, les lins, les soies, les bois el charbon,, lrs fers. en un mol lou. les objets de commerce fus.1e11tmoillS chers partout? Que dr toute chose autre que le pain, ltt consommation /lit plus qrallflP, par conséquent l'ais1111ceplus génh-ale, el si 9énérale qu'aucun pauvre ne pût être dans le cas de mPndier? » C'est un programme éblouissant, programme d'universelle abondance, et par l'abondance, d'universelle paix. La vaste el libre asrnciation réalisera de tels miracles, el L'Ange, comme plus lard Fourier, prévoit une si large effusion de richesse et de bien être pour Lous, qu'il laisse tomber les pensées de combat qui l'animaient en 1700. Ou plut0t des pensées de lulle et du rêve fraternel et tendre qui en 1790 se disputaient son esprit, c'eH le rêve lumineux et doux qui seul a survécu. A quoi bon animer encore les prolétaires contre les• fainéants qui se disent propriétaires•• à quoi bon menacer ceux-ci d'expropriation totale si par l'associalion universelle plus de bien doit êlre fait au\ hommes et à tous les hommes qu'une révolution sociale ne leur en ferait 1 C'est sous l'abondance même des richesses el de la joie que seront doucement submergées les inégalités anciennes; pourquoi se préoccuper, quand le large flot joyeux a couvert de grandes étendues, des inégalités du fond 1 Ainsi L'Ange avaiL laissé tomber

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