324 lllSTOinE SOCIALISTE son de 6 lil're~ 3 sous la pnirc. Or, ùès l'été de 17!lZ,les fournisseurs avaient, à raison du haut prix de la matière première, majoré sensiblement les prix : il est donc très prohahle que le pri\ de 4 livres 10 sous i11diquépour la paire de souli!'rs p,ir il' peuple d'Eure-ct-Loil· repré,cutail le prix de 1700. Deméme, dans le tableau de la viande fraîche et salée, dressé en conformité de la loi du 1ml\imum, et portant celle indication : « avrc les prix en 1700, augmentés du tiers, » je relè,e pour la viande fraiche de bœur, en Eure-el-Loir, la somme de 10 lh res, et, pour la viande fraîche de vache, 9 livres; dans l"Eure, 8 livres pour certains districts, 10 livres et 8 livres pour d'autres. C'est un résultat sensiblement voisin de celui qu·on obtient en élevant d'un tiers le prix de 5 livres marqué pour le bœuf dans le tableau illégal imposé à la signature de llirolleau. En revenant ainsi tout simplement aux prix de i ïOO, alors que l'assignat avait bais,é, le peuple de l'Eure et de l'Eure-el-Loir s'assurait en effet les denrées it un prix réellerl)enl inférieur à celui de iï00.11 esl vrai que par la baisse de l'assignai, les salaires, s'ils étaient payés en papier, subissaient aussi une réduction. li ne semble pas qu·au :nomcnl où les commissaires de la Convenlion allèrent dans ces régions, les s1laires y eussent déjà bénéficié d'un relèvement proportionné à la haîsse rie l'assignat et it la hausse générale des denrées. C'est même là une des causes principales de l'agilalion. « La misère est grande, disent les délégués de Loir-el-Cher; les blés, l'es vins, sont à un prix excessif ». Et Lecointe-Puyraveau el Maure di~cnt que c·csl moins encore à la cherté du blé cl du pain, qui selon eux n'est pas très grande en ces départements, qu'à l'cxiguilé des salaires, qu'il faut attribuer le mouvement. « Nous devons à la vérité, àil Lecoinle, de dire que les hommes opulents abusent de la faculté de foire faire leurs ouvrages à un prix trop modique. • Maure dit: « Les allroupés observent que leur journée de travail n'est que de 20 sols el quï(s ne peuvent obtenir davantflgP. » Évirlemmenl, la tulle était engagée un peu partout el avec des fortunes diverses autour de ht question des salaires. Les ouvriers, les prolétaires n'aboutissaient qu'à des succès partiels et très disputés. De là, dans Loule cette région de grandes fermes où la proportion des salariés était très forte, l'âpreté du combat. La lulle prenait-elle pour tous ces ouvriers ruraux une forme systématique? Commençaient-ils à demander une réforme générale du système social? A entendre le.s députations des corps administratirs, à prendre à la Jeure les récits des commi,saires de la Convention, il semblerait que la toi agraire était partout prêchée dans les groupes. 1Iais ce mol, dans les polémiques des partis, perdait peu à peu sa signification exacte. Il ne désignait plus le partage des terres, la distribution de la propriété. Il ne désignait plus que l'ensemble des mesures par lesquelles le droit de la propriété était réglé el ~a puissance limitée. C'est ainsi que les commissaires de la Convention qualifient de loi agraire la limitation légale du montant des baux. Les enoe-
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