304 JIIS'l'OinE SOCI.\LISTE par rarrôt des échanges, la hafüsc du ulé cl la baisse de l'as,ignat dont souffrait la Révolu lion? Il ne pouYait guère y avoir là que quelques excentricités <le haine, non une pratique étendue et capable de modifier le cours des choses. Ce qui est plus probable, c·est qu'un intérêt commun décidait propriétaires el fermiers à ajourner les opérations. Le fermier avait intérêt ou croyait avoir intérêt à retarder la vente de son blé afin de profiter plus largement du mouvement de hausse, pcul-ôtre aussi afin de donner à la vale, r de ra»ignat le Lemps de se fixer. Et les propriétaires n'étaient point prc,sés de recevoir leurs fermages qui, par le cours de l'assignat, subissaient une forte réduction. C'est probablement cet accord spontané des propriélaires el des fermiers, accord fonJé uniquement sur des raisons économiques, qu'Isoré transforme en un calcul contre-révolutionnaire des propriétaires. Comment se conduisaient les fermiers des biens des émigrés, maintenant et depuis la loi de la Législative à la disposition de la nation? Se prêtaient-ils au mouvement national des échanges ou retenaient-ils systématiquement les grains? La question n·est pas indilîérente, car elle porte sur un domaine im- • men,e. Roland avait demandé aux districts une statistique du nombre des émigrés et de la valeur de leurs bien;:. « 200 de ces districts sur les 5116dont la République est composée n'ont fait aucune réponse; les autres ont envoyé des étals plus ou moins parfaits. J'en ai fait faire le dépouillement; j'ai fait un capital aux immeubles estimé;:, mais suffisamment désignés par leur nature et leur étendue pour donner lieu à une estimation rapprochée; et il en résulte que le nombre d'émigrés, compris dans les listes que j'ai sous les yeux, s"élève à 16930 el que l'évaluation des immeubles séquestrés arrive à 2 ï605H 592 livres. « Si l'on veut maintenant faire la comparaison des districts qui n'ont pas envoyé des états, avec ceux dont nous avons les tableaux, el supposer que la proportion soit la même, nous dirons que la tot~lité des émigrés de la République est de 29000 et que la valeur de leurs biens est de 4800000000 livres (quatre milliards huit cents millions). « Je dois faire obset'l'er à la Convention que si l'on suppose de l'exactitude dans le soin que les municipalités ont eu de former les listes des émigrés, possesseurs d'immeubles, elles n·ont pas également recueilli les noms de ceux qui ne possédaient rien. Le nombre de ceux-ci fut considérable, et ce n'est pas hasarder que de les porter à 40 000 au moins, de manière que la totalité des émigrés français serait de 70 000 à peu près. « Quoique nous portions l'estimation des immeubles séquestrés à quatre milliards huit cent millions de livres, cependant tout ne sera pas bénéfice J pour la République. Il faut distraire les dettes des émigrés, cet objet sera très considérable ... Malgré ces inconvénients et ces réductions, je ne crains pas d'avancer que le produit des biens des émigrés p~rvenu clans les cofTres de la
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