IIIS'l'OlnE SOCIALISTE 207 de l'esprit public, et la croi;,ante fierté de, paysans affranchis, des prolélaires devenus citoyens actif~, ne propageaient pas jusque dans l11scampagnes l'hahitude du pain blanc, symbole d'une , ie su()érieure. "'-~ consommation du blé, dit Creuzè-Lalourhe le 8 décembre, n'est pa~ la m~me clans tous les temps. li est bien vrai que les hommes de travail qui hahi1enl le, ,ile, ,e nourri,sent principalement de pain. et qu'ils l'on!, dans loti- 1,-, 1emp,, a peu près de la même qualité; ruais les habitants de beaucour de lieux stériles en froment et beaucoup de pauvres habitants des campagne, r~glcnt le genre de leur nourriture el leur, consomma lions sur leurs re»ource,. Suilant le bon marché ou la cherté du blé, ,uivant l'ahonrlanc,' ou la rareté de celte denrée, ils mangent du pain plus ou moins blanc, ou plu, uu moins noir; du froment, ou du méteil, ou du seii;le. ou de menus grain,. Enfin. de grandes contrées consomment plus ou moins de blé de Turquie, de sarra1.in, cle cMlaignes, de légumes et de pommes cle !erre; ils en font m~me leur unique nourriture lorsque les prix des meilleurs grains s'cloignent lrop de leurs facullés. • )lais Creuté-Latouche ouiJlie de dire que la consommation du pur from,•nl pou mit ,arier aussi selon le deg-rtlde cullure cil'ique des hommes. ,\ ceu, qui ,entaient , i\'ement Ir prix de l'égalité il n'était pas indifférent de man"er le 1111'mcpain que les classes riches, et sans doute ils s'y efforçaient. li se lrou"e préci,ément que, en cette période, et par une sin,iulière coincidenc,•, les grains pauvres font défaut. J'ai déjà cilé ce que Roland dit à ce -ujet d.111son rapport du 9 janvier. JI y insiste dan~ son rapport du :/8 en en- \'O)ant à la Convention l'état des demandes qui lui ont clé adressées pour obtenir des ,ecour, en subsistancPs : • L'As,cmhlèe , ,·na que ces demandes mon lent à plus de li ;;oo000 quintaux de grains, Pl à 7500 000 livres en argent, ,ur lesquelles j'ai déjà distribué 2:!2000 quintaux tant en blé qu'en farine. N 3 :!78000 lil'feS en av:111cespécuniaires. • Celte ma-,e elfrayanle de besoins est occasionnée par dil'erses causes: 1• les pluies continuelles de l'automne ont beauco•1p endommagé les menus grain,, tPls que le mars et le sarrazin qui sont dan, plusieurs canions de la République la principale nourriture de la classe in•ligente du peuple. • Ainsi c·esl aux grains p ,uvres que de1ait suppléer le !Jlé envoyé par le gou,ernement. Et la néces,ilé des choses semblait s'ajouter aux inspirations égalitaires de l'ordre nouveau pour élever la plus grande I arlie du peuple à la consommation du pain blanc; a\'eC la liberté entrait dans les habitudes du peuple un pain plus pur et plus noble. Co n·est pas seulement pour donner plu, de force aux soldais, c·est pour consacrer le relèvement de toulc condition et l'universel ennoblissement civique que Id Révolution éliminait Je sel~le de la Murrilure de l'armée et lui donnait un pain délicat et fort. Et quand des nouvelles de l'armée parvenaient dans les villages, comment le
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