296 HISTOIRE SOCIALISTE appariés par Barbaroux, que la grande Assemblée saura entrer à fond, par la réglementation la plus stricte, par l'intervention la plus minutieuse, dans la \ie et le travail de tous, pour assurer à l'énergie nationale. son maximum de rendement. )lais une inquiétude était dans les esprits; chacun se demandail: Qu'arh·iendra-t-il de la terre de France el de la récolte prochaine si tous les bras s'arment du fusil? Les moissons trop lentement moissonnées ne seront-elles pas it la merci des orage,? ~lais la guerre ne prenait pas seulement les bras, .c'est-à-dire l'espoir des récoltes prochaines, elle prenait dès maintenant. par de vastes achats, la récolte de l'an dernier. Roland écrit à la Convention le 28 janvier1î93: • Une des principales causes qui contribuent plus particulièrement. à augmenter la pénurie des subsislanees et surtout à en faire hausser le prix, c'est comme je J'ai déjà fait ohserver plusieur, fois à la Convention, celle qui résulte des achats que font faire les agents des vivres militaires et de la marine dans plusieurs département$. Je vois en effet, suivant un état particulier qui a été remis par eux au conseil exécutif provisoire le 17 de ce mois, que depuis ent"ii·ondeux mois rt demi, ces agmts ont commi1sionné plus de 800 000 quintau.rdebtéet 17 000 quintau.cde farine dans 27 départements seulemnll, parmi lNqu•ls il y rn a quatorze O't j'ai été obligé de faire parvenir à grands frais des .,11bsistances. • Sans doute les hommes enrôlés dans les armées auraient. consommé du blé et de la viande, sïls étaient demeurés dans leur commune. Mais d'abord beaucoup d'rnlre eux auraient consommé le produit du petit domaine sur lequel ils vivaient: en tout cas, les achats auraient été disséminés et lents. De plus, lrs citoyen, auraient consommé sur place moins de viande et de froment qu'ils ri"en consommaient aux armées. Cette immense mobilisation des hommes transforma les habitudes. Laurent Lecointre, dans une de ses opinions à la Convention, constate très justement: « Plus de cinq cent mille individus qui ne mangeaient de la viande qu'un ou deux jours de la semaine, en mangent aujourd'hui tous les jours aux armées. " Ce que Lecointre dit à ce rnjet le 23 septembre iî03 est vrai évidemment dès le début de la guerre. J'avais pensé de môme, à priori, quand je cherchais à me rendre compte de la hausse prodigieuse du prix du blé, que le pain donné aux soldats de la République devait contenir plus de froment que le pain mêlé que mangeaient en~ore beau coup de paysans. J'ai trouvé la confirmation de mon hypothèse dans un bref discours de Cambon du 3 novembre 1702: « Autre cause encore de renchérissement. Nous avons 600000 hommes sous les armes. Nous avons voulu qu'ils fussent bien nourris, parce qu'ils combattent pour la liberté. On a dl-fendu l"usagP du seigle dans le pain.• Ainsi le peu11le,en passant aux armées de la Révolution, s'élevait au pain de pur froment. Je me demande d"ailleur, si les progrès de la Révolution et
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