Jean Jaurès - La Convention I

20 JIISTOII\E SOCIALISTE en dénonçant la responsabilité des conspirateurs, de les résen·er à un jugement légnl: « L"Assemblée nationale, considérant que les maux qui assiègent la France ont pour rause les trahisons et les complots des mauvais citoyens qui ont émigré; considérant que le salut public demande que leurs desseins , parricides soient arrêtés par tous les rno) ens que permet une ju,tc défense et que la rigueur des mesures conduira plus s0,·ement et plus promptement à triompher des ennemis de l'Etat, décrète qu'il y a urgence. « L"Assembléc nationale, après avoir décrété l'urgence, décrète que les pères et mères, femmes et enfants des émigrés demeureront consignés dans leurs municipalités respectives, sous la protection de la loi cl la surveillance des officiers municipaux, sans la permission desquels ils ne pourront en sortir, sous peine d'arrestation. « Le présent décret sera envoyé sans délai à tous les départements pour êlre mis sur-le-champ à exécution. » C'était évidemment désigner comme des conspirateurs ou au moins comme des suspects tous les parents des émigrés; c'était proclamer que par eux un réseau de trahison s'étendait sur la France, el quelle conclu-ion pouvait donner le peuple à cet avis solennel, sinon en un jour de péril plus pressant l'exécution sommaire des traitres? Ainsi l'atroce logique du combat cngagc·conduisail au massacre. Or, au moment mème oü la Léghlati,·r constituait ainsi ces innombrables otages de la Hévolulion menacée, renncmi, mettant le pied sur le sol, ,e li, mil aux pires violences. Prussiens N Autri chiens, éner\'és par les lenteurs de la campagne, accueillis il leur entrée en France par l'hostilité des éléments el ùes hommes, trempé, par des rafales de pluie, el se heurtant à l'entrée de chaqne village à la rési5tance de, patriotes embusqués, s'emportaient en des excès furieux. i'ie leur répétait-on pas d'aillrurs, qu'ils romballaienl non des homme, mai;; des bêles fau\'es? et le manireste de leur général, le duc cleBmns-1 ick, n"élail-il pas tout plein de sinistres menares? Ainsi la naturelle cruauté de l'homme qui combat et en qui lïn,linct de con,enalion toujonrs menacé tourne en fureur sau\'age élail comme aiguillonnée de toutes part,. Les solrl_als pillèrrnl, brûlèrent, dépouillèrent même de leurs langes les <•nfanlsau berceau. Du camp devant Longwy, le 23 aoOl au soir, le vicomte de Caraman écrit au !Jaron de Breteuil: « L'entrée des troupes rn France a élé marquée par des e,cès bien conrlanrnables, mais qui onl élé n1primt•s au,;;ilôt par des punitions très sé1ères. Le pillage a été affreux, mais le roi a ca,sé et rell\·oyé le colonel du régiment qui s'y était le plus livré, rt deux pilleurs ont été pendus ... Les Autrichiens 0111 au,.,; pillé de leur c6ti d'une manù:re trrrihle, mois la justice n'a hé ni si e:racte ni si sivère, el les indemnités ont été 11ultes. • A l'heure même où la Révolu lion s'apprêtait à répondre à la violence par la Yiolence, au meurtre par le meurtre, à l'égorgement des faibles, des

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==