Jean Jaurès - La Convention I

2G8 JIJSTOIRE SOCIALISTE tolîes de soie, bi~n loin de vous amener à des vues grandes, à des résultats d'une exécution fdtile el prompte, ne vous onl olferl que des calculs el des combinaisons dictés par un inlérêl particulier ... Cependant le Lemps pas•c, Je mal augmente et 24.000 individus attendent que vous leur procuti 'Z du travail el du pain. • EL l'iivière-Chol ne trouve qu'une solution: c'esl que l"Élal subvcnlionne les fabriques pour les reme~lre en aclhilé: • Pour des besoins si grands il faut de grandes ressources, la nation seule peul les o[rir, parce que sans un seco\lrs prompt et extraordinaire, par lequel on puisse redonner de l'activité aux manu raclures de Lyon, les maux qui résulleraienl de celle inaction prolongée seraient incalculables; ils troubleraient non seulement la ville de Lyon, mais ils porleraienl encore le désordre clans les départements qui avoisinent cette grar.cle cilé. " JI concluait donc à proposer à la Convention, par l'intermédiaire de ses commissaires, ceci : • 1° Qu'il soit mis à la disp osilion du minislre de lïnté rieur une somme de 3 millions; • 2• Que celle somme, destinée ù remettre en activité les fabriques de la ville de Lyon, soil successivement adressée par le ministre de l'intérieur au directoire du département, pour être ver,ée dans la :caisse du trésorier du district; « 3° Que l'emploi en sera fait par un comité choisi par le conseil général de là commune, pris pa~mi les officier, municipaux et notables au nombre de cinq, présidé par le maire et en présence du procureur de la commune ... ; • ... 6° Si, pour donner de l'activité aux fabriques de soies le Comité juge com·enable de faire fabriquer des étoffes pour le compte de la nation, il y sera autorisé sous réserve de donner la connaissance et le détail de ses opérations au ministre lle l'intérieur.• Les commissaires transmirent cet arrêté de la Commune à la Convention, mais comme par acquit de conscience et sans insister. Leur attention, à ce moment, était ailleurs; ils relevaient les fraudes énormes commises à Lyon dans le service administratif des armées. Et sans doute ils jugèrent chimérique la solulion proposée par la municipalité lyonnaise; car quel emploi la nation aurait-elle fait des soieries fabriquées par elle? Elle avait besoin maintenant de fer pour armer ses solda4s et de gros drap pour les vêtir, non de fines el éclatantes étoffes. La Convention laissa tomber cette pétition. Qu·actvinl-il de la crise industrielle lyonnaise? Sans doute elle ne s·aggral'a pas, car dans son rapport du 9 janvier, Roland n'y fait pas la moindre allusion. M. Thomas, <JUiétudie le mouvement économique et social sous Louis-Philippe, m·a communiqué de curieuses notes, d"où il résulte que les ouvriers de Lyon se rappelaient la Révolution comme une époque de bien-être. « Les

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