Jean Jaurès - La Convention I

Il IS1'o 11\E SOCL\ LIST 1, 2ü7 - ---------- --------------- s"étaient rfonis à Lyon. Ce, conlre-rholnlionnaires élaienl enhardis Jans leurs projets par un i:rand nombre d"opulents qui, comme dans la plupart es grande, villes fronfü•res, -ont égoïstes el in,oucia11Ls pour la chose puhli•1ue. Enfin la conlre-réYolulion était prêle à éclater à. Lyon. Depuis le iO a',ùl, loul a changé de face dans celle , ille, mais l'inertie de, manufacture- et !t, défaut de travail y C,lll~enl une fermentation dangcreust'; :io OtJO uuvrie1 s ,ont jouruellcmenl pril és ùe travail et d~ pain; les mau Yais citoyens profilent ,t,..leur po!-oilionpour lr:>t\~arercl le~ fairP::;en·ir à leurs manœu \ re~ odieuse~; c,'pcndant les arti-les, les ouHiers ont un e1cellent es~t·it. Les cla,,cs le, llll>in, aisées sonl celle, où ,e trouve le plus pur palrioli$me. » Dans la lulle ùe, parti, qui s'anuonçait.Îéj:i à Lyon, sombre el ilpre, les commissaires de la Convention cherchent à tenir une ,oie moyenne. \ïtel avait déjà d,'noncé \iol ..mment à la Convention ceux qu'il appelle ici, al'CCses collègues, de« rnau, ais cilo:ens », c'est-ù-ùire les démocrates ardent, qui animaient la pa-siou du pe•1ple en détresse. « Tou, ces maux, avait dit \ïlet le 28 octobre, sont ruuvrac:P des commis-aires soi-disant envoyé, p1r la Commune de Paris; ils ont jeté parmi les citoyens des soup~ons el des déliancc,. » .\!:li, une foi, à Lyon, il fallait ùien reconnaitre que la contre-ré,olulion y mail la pr<•mii're jeté le trouble el que les souffrances des ouvriers élai•'nl la eau,, JJrincip le de l'af?ilalion. Le fanatisme catholique, habile à exploit 'r la mi-l>re du peuple, cherchait à sure,citer la crise. Les comrni-,aircs, dans crtt,' 111,'melulle ùu H nol'C0mbre, ,ic:nalent le péril : • Le, prètres réfractair ·s cherchent encore à rallumer les torches du fanatism c. Une ptLLion r.olvort,,e par de, fpmmes, connues à Lyon sous le nom de c 011,.,,u.,r, dr nuit, annonçait que la Convention nationale YOulait abolir la religion; que déjà le.; cèrrmonies du culte étaient détruites, pui~qn' on enlevait les clorhc, des èhhocs. On a remarqué que ces furibondes a,aient à leur tête de, femme, publiques qui jouaient le rôle de dévote,. » C"était une vaste el trouble fcrnwntalion; pour maintenir à Lyon ·1a paix ré1olulionnairc, il aurait fallu rc111Pllreen mouvemenl tous les métiers. Les commisoaires l'espéraient: « lis s'occup,·nt ùc, moyens ùe donner du travail aux bras qui en manquent: iis c,pi•rent qu·avant leur départ de cette ,m,, ils panicn-1 l'Ont à ce but. » 11 ne semble pas qu'ils y soient pan cnu~. L~ 21 novembre, le citoyen :'livière-Cho', o:ficict· municipal, chargé des fonctions de procureur de la Commune, constate l'échec des conférences tenues avec les fabricants : « Citoyens, dit-jl à ses collègue, réunis en l'hôtel commun rie la ville de Lyon, au milieu des pé•nibles Lr,\\aux d'une adminis• !ration orageuse, votre sollicitude n..a point C<'SSéde se porter sur les malheureu, ouuicr,; en soie ùe la ,ille ùe Lion. \'ous a,·el appelé des conseils avec Ie,;quels vou,; avez recherché les moyens de ,;ecourir celle nombreuse partie des cilo~·en, que la cessation ùe leurs travaux a réduits à l'indigence. L~s confèrenc,s que vous avez e11e~a,·ec les prindpaux chefs ùe fabriques ù'é-

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