Jean Jaurès - La Convention I

IIISTOII\E SOCI.\LISTE 17 sang. C"est à peine ,i les Suisses qui n'étaient pa~ tombés clans le comu,,t et qui s'étaieul ré!ugiès à IA,semuléc purent être préscnés de la colèro du peuple. li y Callut la puis-ante voix de Danton. li y fallut la promesse que tous les c1Jn,pirateurs allaient être traduits ~ans délai dnant une Cour martiale, jugés et fra1•pcs al'ec la rapid,tc m,:me du combal. Terrible fut l'appd au calme l~nci· par la Commune en la jourui'·e du l:! : • l'eur,IP ~ouwrain, su,pemls la vrnfe,,nce. La juslicP endormie rPpr,•ndra aujourd'hui tou, ses ùroits. Tous lt•s coupables vont périr ,ur l'êchaldud. • )lais cc n·esl qu·en fro1Hlanl que le peuple remettait au bourreau sa vengc.ince et sa défense. :-.·allait-on pa~ ajourner, éluder? Tel élait l'empo, tement ile la pas,ion que ltul,cspierre lui-môme, malgré se, hahitntles dt• réserve et ù,• prudence, terminait par de terrible, pa, oies une ardente glori0ca1ion du 10 ao1H: • Comhien le peuple fut grand dans toutes ses dêmarches I Ceux qui arnient l1ou,é quelques meubles ou quelque argent dans le château se firent une loi de ,'all'lenir de ces dépouilles prises sur l'ennemi. lis vinrent les dépo,er dans l'A~,emblée nationale ou dans la Commune. Il; regardèrent comme des larcin, cet exercice du droit de la conquéle. li, poussèrent même ju,qu'à l'e,cès ce ,enliment de délicates,e. Le peuple immola lui-mCnll' ceux qui a,aient cru pouvoir s'approprier quelques e!Tets qui avaient ap1,artcnu aux tirans et à leurs complices: il fut cruel en croyant Nre juste. • • Grands dieu, 1le peuple pun,t, tlaus ùes malheureux, l'apparcnr.e seule ùu crime, cl tous les tyran,, qui le font êgorgcr, cchappent à la peine de leurs forlaits! Riches éi,oîstes, stupides ,ampires enarai"és de sang et de rapines, osez donc encore donner le nom de brigands; o~ez a!Tecler encore des craintes insolentes pour vos biens mépri~ables achetés par des ua,,e,,cs ; osez remonter à la ;.ource de ,os rirhe,se,, il celle de la mi,ère de ,o, semblables ; voyez, d'un cùté, leur dé,intére~sement cl leur honorable pauvreté; de l'autre, vos , ices et volre opulence, el dites quels sont les brigands et les ;cèlèrats. llisérable, hypocrites, gardez ,os richc:;,c, qui vous tiennent lieu d'âme et de vertu; mais laissez aux autres la li!Jerto et l'honneur. Non, ils ont juré une haine immortelle à la raison cl à l"égalile I Quand le peuple parait, il se cache. S'est-il retiré? Ils conspirent. Déjà ils renomellenl leurs calomnies el renouent leurs intrigues. Cilu!Jrn,, uuus n'aurez lapai..x q11'a11la11t q11rt·ous aurez lœil ouverl sur /011les les trahisons el le bras levé mr 1011sles lrailres. • ~lais ce bras lc,é, le peuple voulait qu'il s'abais,O.t. Cc grand mouvement de colère et de passion pouvait cependant Nre réglo. Il é~1il possible de faire ju,tice, de rechercher et de punir sans délai ceux qui avaient une partdirecle lie respons.1hilité dans la résistance factieuse d'une cour traitresse, sans laisser se déchainer lïn,linct du meurtre,

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