Jean Jaurès - La Convention I

238 JIISTOIRE S0Cl.\LIST8 i11j11.,te rnvel'S {es 111i<siv1111,1ii·1·, dr•sbon, prù,cipr,, !Ps 111w·tyrs de la loi, les âctimes dr l'aristocratie... Cro~ez que le lh••rmomèlrc de l'esprit public des déparlcmenl, n'esl pas au même degré c1ue relui de Paris; croye2 que les opinions religieuses y sont consacrées, el quïl ;;erail imprudent, peul-êlre injuste, de les Lrouhler. Il y a des préjuf(és quïl faul attaquer avec ménagemPnts cl par les armes de l'instruclion; mai, lïnslruclion doit être p·r.:isentée au peuple comme un jour doux à des yeux délicats.» Lr Boy (d'Alençon', Loul eu parlant des prêtres en termes insullants, combat aussi le projel du Comité des finances: « li esl souvent dangereux de v,H1loirappliquer dans toutes les circonstances les spéculation, hardie~ de la philosophie. Je conYiens qu'en principe chaque secte rloil payer ses ministres; mais le peuple n'est point encore assez éclairé pour adopter celle mesure. Vous n'ignorez pas l'influence que les prêtres onl acquise sur le peuple des campagnes eLsur une parlie de celui des villes. Si vous alliez refuser à ces prêtres le lraitemenL que la nalion leur a promis solennellement, alor, vous verriez ces hor,Ies sacerdotale, se déchaîner contre la République naissante, el peul-être l'étouf!er dans son berceau: vous les verriez secouer de toutes paris le flambeau de la guerre ci l'ile, fail'I' perdre àla Convention la co11fim1adont elle e<tini-estie ;et ne croyez pas qu'il nous fùl aussi facile de triompher de ce, Calilinas tonsurés que des prêtres réfractaires. Le parti des prêtres soi-di,ant comlilutionnels est co,1sidérable et pui,- ,ant; il leur serait facile de dil'i•er le peuple français et d'opérer _la ruine de la liberté. Agissons avec les prèl~es comme avec ces animaux féroces qui nous menacent de nous dévorer; pour apaiser leur rage, nous leur jrlons un morceau de pain. -Eh bien! pour que les prêtres ne s'élancent pas sur nous, ne laissons pas oisive leur voracité; cl donnons-leur du pain. Alors ils seront paisibles. Leur intérêt e,l le dieu qu'ils adm·enl; ils seront patriotes, car un prètre qui a de quoi manger devient moins dangereux. El dans quel moment vient-on nous proposer une mesure aus,i impolilique? c·est dans un moment où la nation va s'occuper du jugement d'un grand coupable. » Garnier constate que dans une société ancienne où Laul de préjugés el de traditions s'entrelacent, il est impossible d'opérer des char.gements trop brusques: • Il faut bien distinguer, dit-il, une société qui se 1'ecrée, en 1urlque sorte, avec ses prop1·esdécombres, d'une société ne1ne dans laquelle les ]lassions. les pré;ugés sociaux n'ont point changé les heureuses directions de la nature. Si la Ré]Jublique française était une société naissante, je serais de l'avis de lai,,cr à chacun le droit de payer les ministres de son culte, mais la nation française, qui a déjà renoncé ù hien des préjugé~, en conserve cependant un grand. Le fanatisme a encore bien des victime,; les prOtres ont P.acore Je règne de l'opinion dans une grande partie de la Républif)Ue. • Dasirc, rcYenanl à la charge et animé par la contradiction de Chabot,

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