220 lllS'l'OlllE SOCIALIS'l'fi: menta l',ll'rêlé de la Commune en termes où la libre pensée s'affirmait nettement: « Lorsqu'il y avait en France une religion dominante, soutenue par la coalition des prêtres et des despotes intéressés à perpétuer les abus dont ils profitaient, on pouvait employer ces moyens vexatoires qui forçaient tous les citoyens à professer les mêmes principes religieux, quelque erronés qu'ils parussent. Mai,, lorsque la Constitution, ce nouvel Évangile des Français, a été proclamée solennellement,il n'est plus permis aux magistrats du peuple de méconnaitre les principes sacrés de la liberté ... « Le temps, sans doute, n'est pas éloigné où cbaque secte religieuse, se renfermant dans l'enceinte de ses temples, n'obstruera plus; à certaines époque, de l'année, par des cérémonies extérieures, la voie publique qui appartient à tous, el dont nul ne peul disposer pour un usage particulier. • C'est à la saine philosophie, c'est à l'inslruètion bien dirigée que nous devons lais,ser le soin de propager la lumière, d'étendre l'empire de la raison et ~e préparer l'anéantissement de Lousles préjugés sous le joug desquels les hommes ont été courbés pendant trop longtemps. • Les fonctionnaires publics nommés par le peuple ne peuvent, comme magistrats, assister à aucune cérémonie religieuse de quelque culte que ce soit; car alors ils seraient forcés d'assister à toutes. JI ne peul y avoir, dans un p~ys libre, d'autre culle dominant que celui de la loi. » Cela est déjà bien loin de la Constituante qui assislait en corps aux cérémonies catholiques. Cela est loin aussi des premières elîusions semi-chrétienne,, semi-philosophiques, qui, aux premier, jour, de la Constitution civile, confondirent l'évangélisme un peu révolulionnairr des uns et la Ré\'olution un peu évangélique des autres. Maintenant, c'est la laïcité, c'est le rationalisme de l'État moderne qui s'affirme. El Manuel ne se borne pas à dessaisir la religion c1Lholique de son rôle dominant et de sa puissance officielle. Sans la menacer dans la liberté essen• tielle de son culle, il la signale, de façon que nul ne s·y peut méprendre, comme un préjugé qui s'évanouira peu à peu à la lumière grandissante de la raison. Le journal de Prudhomme, Brissot, Cvndorcet soutinrent vivement Manuel. Maisl'émoi fut grand dans le clergé constitutionnel. Le peuple fut partagé. Une partie approuva l'arrôlé de la Commune et la circulaire de llfa nue!. S'il Yavait eu une protestation générale des quartiers populaires, Hébert, qui n'allait guère contre le _vent, n'aurait pas pris parti aussi nettement. Grande /et grossière aussi, selon la coutume) est la joie du père'Duchesne en son numéro du 9 juin i7!l2: •Ah! foutre I que je suis content! J'ai lu et relu ce superbe arrêté concernant les processions, signé Pétion. _C'estça qui est ,ag\l et bien dit. Comme les bougre, de cafards doivent enrager I Ceci va encore faire baisser leurs actions. Allons, c'est foulu : le règne des prêtres ne reviendra jamais; tous
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