Jean Jaurès - La Convention I

218 TllSTOlRE SOCIALIST!s érarl<•c, où virnil un <le srs parli,.1n, les plus pa.•sionnés, )1. de la Guyomarals. li s·y cacha pendant 11uelqucs jours, arrûlé par la maladie d'un de ses compagnons. El lui-m/\mc ful pris d'une flèvre ardente qui élail sans doute la 1 suite de celle \ic de prrpéluelle agitation el de perpél uelle l'alig-ue. li mourut dans une ferme roi sine où )1. de la Guyomarais dut le faire porter, sur la nouvellr qu'une perquisition allait ~trr faite a11 chtileau. Dienlùl Lalouche-Cheflel el Morillon i11diqueronl aux agents rérnlulionnaires l'arbre sous lt•qucl on l'enterra de nuil, le lit de ferme où il avait agonisé, le chàleau où il avait reçu l'hospitalité. El ce premier germe de la contre-révolution bretonne sera écrasé. )fais il e-t aisé de pres,enlir, dè, les premiers mois de la Convention, que les forces contre-révolutionnaires dans ·ouest comme d,rns le lli li trl's;lillcnl el qnr l'heure est proche sans doute des vastes soulèvements. Cc péril, cnco1·e rudimentaire et oh,cur, était peu de chose à côté de ragilalion rcligieu,e qui, tou, les jours, se dév eloppail. La Législative, avanl de se ,ép1rer, donna force de loi aux mesure, qu'elle avait Mcrélées contre les prêtres réfractaires en mai, sous le ministère gironrlin, el que, par le refus ,le sanction, le roi a,ail rn,pcn!l11es. Par la loi du 26 aoùt, elle renol}velait ses décrets de mai el en aggra\'ail la rigurur. •rout prêtre qui se refu,ait ilpn'ler le serment CÎ\'ique • était tenu de sortir, mus huit jours, des limites du di,tricl et du département de sa résidence, et dans quinzaine, du royaume.». Pa~sé ce délai, il élail Mportè i1 la Guyane. Les municipalités appliquèrent inél;alement la loi. Les unes veillèrent il ;on exécution et c·est ainsi que Chas· ,in nous donne la longue liste des prêtres qui, le 9, le 10, le 11 seplemhre ,' embarqu(•nl aux Sables-d'Olonne pour l'Espagne. Le 15. le 16, du 17 au ".!:i, les embarquements continuent. C'èlaienl des prêtres de Vendée qui allaient à Dilbao ou à Saint-Sébastien. Au total, de septembre à janvier, 220 prêtres insermentés quittenlla rive · vr,ndéenne. Mais d'autres, les plus hardis, les plus violenls, demeuraient cachés ou ignorés par l~s municipalités, el ils formaient les cadres de la prorhaine insurrection. Clergé et nohle~se, longtemps divisés, se réconciliaient contre la Hérnlulion. • Mais ce qui élail plus inqniélant encore, pour la Convention à ses débuts, que les rnanœuvres des prêtres réfractaires, c'est que la Révolution ne pouvait pas Nre ,Ore du clergé conslitnlionnel. Celui-ci, dès celle époque, commence à s'émomoir. li pressent que la lo~ique de la Hévolution la conduira à abolir loul culte officiel. Il commence à craindre que l'ébranlement des habitudes ancil'rmes dans l'ordre de la discipline ecclésiastique et des cérémonies ne ,'étende à la foi elle-mOme, el que le peuple, ne s'arrêtant pas plus longtemps à celle rornbinaison un peu équivoque de la Conslilulion civile, ne rompe enfin tout lien religieux. li espère en m0me temps, sïl se hâte d'agir, de 'résis-

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