Jean Jaurès - La Convention I

200 li ISTOlllE SOCIALISTE la hr.urgeobie le peuple était encore tro1>accahlé, trop passif pour seconder k mou,emcnt révolutionnaire. Or, les mesures de Custine atteignenl la hourc,eoisie allemande; ce sont des corporations bourgeoises qui gou,ernaient les cités dn llhin. JI fallait les appeler à soi, les li!Jfrer de la lutelle nobiliaire, les animer contre le despolisrne clérical; c'est sur elles que pèse d'emblée tout le fardeau. füihl apprend à la ConYenlion qu'il Worms, Custine a commis une grave rm'pri,e: « Je viens, dil-il, le 21) noYembre, de recevoir une lellre en langue allemande des bourgmestres el Sénat de Worms. Ces magistrats se plaignent de la forte contribulion militaire que Custine leur a imposée ... La pins forte partie ,!e celte conlri!Julion a été imposée sur les magi,t,·ats de la 1ille imprrialP de \\"orms, qui, commr on sait, ne .<ontqur de modestrs tailleurs et cordo111IÏN<. Or, citoyens, si vous voulez vou~ faire payer des contributions de :?00,000florins il faut les imposer aux Jidtres et aux nobt,,s de ce pays, qui sont nos enneniis nés. ,> C"étnil bien, en effet, sur la caste féodale el sacerdotale qu'il fallait faire porte,· tout le poids. )lais la rude main du soldat conquérant, môme quand elle croit briser des fers, violente les inlérèts qu'il faudrait gagner. A Francfort, même conflit avec la boUl"geoisie. Custine, en ces pays endormis sous l'ancien régime, devrait se reporter à 1780, reprendre le mouvement à l"origine; en 1ï89, la bourgeoisie banquière et rentière luttait en France pour la llévolulion. Depuis, elle ,;en était en partie détournée: mais sans rnn concours initial la füivolulion, même en France, eût été impossible. CLL,linet:ent le langage de la fin de 1i02 à une nation qui n·esl pas encore en iî~0. li attaque la Banque cl il croit étour,liment que la force incertaine de quelque, faubourgs ou, riers sul'Ora it a,surer sa conguôle. u Au quartier général, à Francfort, le 29 octobre 1702: Citoyen président, je dois compte à la Convention nation.ile de ma conduite vis-à-vis la 1ille de Francfort; el cc compte, je ,ais le rendre. J'étais certain que de grands fonds appartenant aux Autrichiens el aux Prussiens avaient élé déposés à Francfort dans deU\ maison, cle hanque. Ces l'onùs ,c montaient ù quatorze millions; s'ils y étaient encore, je :levais m'en saisir ... J"aYais fixé sa contribution à deux millions de florins, ensuite modérée ù un million, sur la représentation du ma~i,lral. « ;-;on contents de celle molléralion, qui n'avait d'autre objel que de ne pas faire porter celle contribution sur la rlasse indigente, quand je l'avais accort!ée ~ous celle motion expresse, les magistrats chargent la cole de la cla,,e indigente. On annonce officiellement que le peuple e,t prêt à se révolter; qu"il faut mollérer ou \Oir le sang couil'r; quc les soldats lie la l\épubliqu~ artoptenl la cause du magi,tral. .Je me rend:; à l'rancrort, je donne une r,roclamation ,!ont jr, joins ici la copie. « L'itri<locralie dr la richrsse qui n'est pas 1111dees moins terribles est ter-

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