Jean Jaurès - La Convention I

HlO JIISTOillE SOCIALISTE troupes lie caserne. k1 ca~erne a toujour, alTaibli les hommes. De Guibert, (bns ,es livres de tacliquc, ron,lale que la caserne débilitait el xiciait les s)l,lat,; ile la monarchie. Dans ses mémoires, Gouvion Saint-Cyr déclare c,p·e•>1·rncnl que ll•Spremil'res armées de la Hé,·olution se compo,aic11l de dru, élcn,cnl, bien difîcrents: des troupes Cc ligne « atrai!Jlies au moral el nu i hi, ,1ue par le ~éjour prolongé ùe la ca,crne • el des volontaires vaillants Cl alerll',. ~lais cc qui esl uai, c'eol qu'il y a,ait a côté des chefs élus de, !Jataillon, des volontaires, d'excellents officiers de ligne expérimentés. Ce qui esl ,rai, c'est que depuis la Révolution la 1ie même de caserne avait élé tran,formér; les soldats n·avaienl pas été tenus à récart de la vie ch ile el nationale. li, avaient fraternisé avec les citoyens; eux-mùmes 6laicnt de,enus des citoyens, el ils avairnl élé ainsi comme rcnou,·clés en leur âme. lb étaient tout prêts, mr le champ de bataille, à de men·eillcuse~ harmonies d'enlhon~iasme avec les l'Olontaires qui portai nt en eux toutes les voi.xde la Ré1olution. L'émigration de beaucoup d'ofticiers noble•, le départ de La Fai elle n·avaienl lai,sé subsister des cadres de l'ancienne armée que ce qui s'adaplailau mouvement révolutionnaire. Sul'loul l'artillerie 6tailadmira1Jle, à la fois patriote cl saranle. A la fin de l'ancien régime, dans la décadence des in,tilulionsmililaire,, elle avail seule grandi, par la science, par l'élu,Ie. par un libre esprit moderne. Elle se sentait d'accord avec les science~, qui partout grnmfü,airnl, el al'rc le libre examen qui mullipliail les découl'erlrs dans l'ordre militaire comme dans l'ordre industriel. El elle élail Loule prèle à défenlll'Cla fi6volulion. ,\in,i la science du xrn1• ,ièclc ajouliil sa force, dans les armées rél'olulionnaire,, à l'élan des solùal~ citoyens; elles étaient le peuple en mouvemcnl; elles étaicnl aus,i, si je puis dire, !'Encyclopédie armée. Grande leçon pour les démocraties républicaines qui cherchenl un type nou,eau d'org.misation militaire! Cc n'esl pas dans la routine malfaisanle cl anémianlo de la ca,crne qu'elles prépareront des soldals. Ce n'est pas non pins en abaissanl le niveau <cienlifique des chefs, qu'elles s'assureronl leur fidélité; l'homo;:énéilé morale cl la haute science, voilà les deux grandes forces ùe l'i11,lil11tionmilitaire clans une démocratie. la l'icloire de Jemmapcs transporta la Convention. C'élail, sur ses premier, jou,,, un rai·onnemenl de gloire el de liberté. Elle hésita un moment à instituer une grnnùe !Ote. La liberté avail l'aincu; mais des hommes étaient morts. • Laissons aut rois de l'Europe, s'écria Barère, à céléhrcr des fêles quand ils onL inondé la terre de sang. Dans les Républiques anciennes, les rotes célébrées après des batailles étaient des jeux funèbres; el non pas des fêles brilla11Les..• Quoi! des milliers d'hommes ont péri. Car les Aulrichiens sonl des hommes ... Il n'y a que les roi. qui ne sonl pas des hommes ... Je demande un simple monument funèbre. •

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