lllSTOIRE SOCI.\ LISTE l87 force de la Ré1olulion, el il espèrail les faire accepler de la l\(•volulion rn abondant toujours dans son laugage el dans le sens général des évl'ncmenb ré1oluUonuaircs. Danton, né en pleine Rèrnlulion et toujours en contact avec la force populaire, ,uivail en sens imer:;c le même chemin 11ueDumouriez et allail à sa rencontre. Il comprenait que la Ré1olulion ~e pcrilrait, s'épui,cr,lit en une lutte formidable, si elle ne limitait point elk-m~me :ees entrainements, ,i elle préLPn<iail,en un coup, reuouveler le monde . .\insi, tandis que le diplomate Dumouriez cherchait dans le, tncrt:ies ré1olulionnaires le moyen de ri-aliser ses conceptions habile:;, le révolnlionnaire Danton cherchait à tempérer, par la prudence d·une diplomatie a11,(, •, le mournmenl spontané et débordant de la Révolution. JI a\'ail dè:; !or, la même \lie que Dumouriez : ~cra:;er l'Autriche en l'isolant, désarmer les rancunes de la Prusse, a,:;urer la paix de l'Europe, oblcnir la reconnab,anee officielle el univer,elle de la llépublique française, el, dans le calme de la liberté certaine, développer les forces tranquilles de la démocralie. Mais entre les ùeu:1. hommes, maintenant rapprochés par une œuHe commune de courage, de patriotisme el de sagesse, il y a un aiJ!me. llaudol a écrit des Girondins • qu'ils n'acceptaient la République que •ous bénéfice d'invent.tire •, c'est-à-dire à condilioo qu'elle mén~geAt leur Influence et leur, intérêts. Et pour beaucoup d'entre eux le mol c,t injuste; mais on peut dire cleDumouri z qu'il n'acceptait la Révolution que,. sous bénéfice dïmcntaire •• tout prêt à la trahir ,i elle ne serv iL pas ses calculs d'ambition. D.,nton, au contraire, appartenait à la l\e~olutiou tc,ul entier et jusqu'a la mort. Le premier elîet de la I ictoire de Dumouriez sur le, Pru"iens el le, .\ utrichiens, cl aus-i ùe l'i.1vasion annoncée en Belgique, fui dP décourac:er el d·errrayer le:; Autrichiens qui assiégeaient Lille. Ils en a1·aient ra,age k; cn- ,irons, notamment, comme ,le nole une correspondance du Pa/riote fra11ç11i.1, « le grùs village de Roubaix •· EL du !..'{) septembre au 7 octohre, plus 1,e G0,0001,oulets tombèrent sur la ville inve,lie, tuant plus de 2.000 h 1bil rnt,, incendiant de vastes quartiers. La population fut héroîque : elle courait apri's les bfülets pour le, coi!Ier du bonnet rouge. Le gouverneur Ruaull signifia au duc ùe Sa1e-Te,che11 qu'il ferait sauler toute la ville pluu}Lque de la rendre. Le 7 octobre, le siège ful levé. En llelgique, les succès de Dumouriez furen l foudroyants. Le i" no,·rmbre, il adresse une proclamation « à la brave nation hclge ». li lui rappPlle les efforts qu'elle a déjà faits pour conqu•·rir la liberté, pour secouer le j mg tlu despotisme autrichien : • Belges, nous sommes frères: vous avez donné lrop de preuves de 1olre impatience pour secouer le joug, pour que nous ayons à craintlre d'être obh3é, de vous traiter en ennemis. •
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