no lllSTOll\R SOCI.\LTSTR sur la misère du peuple. Ainsi, le; Con,lit•1anls, à celle aube encore fraiche, pouyaicnl espérer quïl, rlévelopperaienl l'ordre nouvrau sans trop de commolions cl de donlrurs. L'illusion ful brève: les élus du peuple se hcurlèr,•nl à flp, ré,i:-lances S'.l~s nomhre, 011,·erle, ou sournoises. El pourtant, l'Assrrnlrli-r, olr•linée aux lran,aclions, au, combinaisons d'6r1uilibre, avait cru qu'elle lai-sail enfin à la France une Constitution durable. ~lainlenant, une année apr~s. la Conslilnlinn clc 1ï01 élail à terre: que de cho:cc, évanouie,;! Que d'hommes tombé:; au L:Ouffre ! Ce n'étaient pas seultnirnl le, représenlanls des anciens ordre, privilé,:ié,, rejetés au néant par la Constituante ellr-m~me, qui ne reparaissaient plu,;. De la représentation m~mc du Tiers-État, que restail-il? Tous le~ modérés, tous les Feuillrnts, tlous !es amis clu Darnave de Yarennes étaient ou rnspecls ou captifs, désavoués ou frappé- pal' la fiévolulion. El à peine soixante-dix ou quatrevingts députés cle la Con,t•t11ante entraient it la r.onyculion. Les uns, comme Grt'goire, comme Darèrc, c..mme no!Jespierre, avaient a-s,,z de vigueur ou de souplesse rour ,e sabir <les Lemps nou\'cau, 011 s'en accommoder; les aulrc-, ob,curs, cl po-sédés mal<(r6 eu~ par le rnuvenir de leur grande œune en partie disparue, arrilaient à la r.onYenlion le cœur pesant. Ces triomphateurs supNhes des premiers jours ressemblaient à des naufragés recueillis sur un autre na\ire: malgré leur parti pris de plier au Lemps, ils suivaient parfois lu manœu1Te d'un regar<l ch tgrin. Les Girondi1.1sau,si, m.tlgré leur apparente pui,stnce, avaient quelque chose de caduc; et malgré leur écht un peu f,tclice ils avaient quelque chose de tri-le. Quand il y a un an à p i1.c ils n<'couraient à la Légi,lative, ils emplisrnicut les route:; de Bonlrau\ eu c!e 1!ar,eille à Paris du hrnil de leur joie élour lie. Ils étaient la jeunes,e éloquente, enthou•iasle, insouciante et ,·aniteusc. Ils allaient étonner le monde, r,111i.n..r la marche de la HéYoluti, n, dénouer d'une main habile ou trancher par le glai\·e tous les nœuds oü les Cou,liluanl, s'étaient laissé prendre. Achever la Yictoire de la H6volulion, n'élail-ce pas conquérir le pouYoir? Ainsi leurs e;pérances ré,•olulionnaires se conl,rndaient dam leurs ambitions imp.1tiente;. El aujourd'hui, une déception ,crrète étail en eu,, une inrJtliétucle au•si el un trbt' pressentiment. La Yicloire sur la cour, ib l'avaient rernportéc: mais avec de; allié, qui les effrayaient, 1,ar des mains brutales qui peul-être briseraient aussi leur jeunesse el leur r61e. Le pouvoir, ils l'avaient travcr,é, ils l'avaient occupé de nouveau; m~i, il avait surfi de quelque, hommes obscurs ùe la Commune de Paris pour leur en arracher les lambeau,, pour leur en corrompre toutes les joies. L~ peuple qu'ils croyaient al'oir servi, ,•t morne, si je puis dire, illustré par leurs ,enices, s'était, à Paris, ùétourn(i d'eux, et ils arnient connu l'impnpularité dan, la \icto_ire. Prompts à s'abattre comme à s'exalter, ils méditaient en une sorte de romantisme débile sur l'étran3cté de leur destinée, sur
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