i58 HISTOIRE SOCIALISTE ort:aniser la résistance en prO\ince. Le gouYernemeul de la Oérense nationale n·avail pas quitté Paris; il y élail resté, il y subissait l'investisscmrnl; cl le premier objet de Gambetta, c11réuni,sanl de, troupes sur l I Loirr était non de proléf(er la France du ~lidi, mais de marcher sur Pari, el de Ir <léh!oquer. Chose étrange! Les Giron,tins 11niont si abus<, de• sou\'rnirs sanglants de septembre el qui ont si passionnément essayé d'y compromellre D1nlon ne semblent pas arnir soui:é que quiller Pari•, en faire sortir le gouvernement, la Con\'enlion, c'était livrer 1t capitale alTolée à toutes les convulsions du ,lé,espoir, à tous ks délires de la ven~eance el de la peur. Lr sang qui coula en septemhre n'e-t rien à côté des l!Clll'CS el des neuves qui aurai en l empli les rues de Paris abandonné par la Révolution, abandonné par l'espérance. Dmlon rendit un srrvice immense à la Révolution el à la patrie en écrasant de sa forte parole toutes ces 1>enséesdébiles, en criant à tous l'espoir el l'aclion. Il élail de nom, à ce moment, le ministre de lajustici,. Il était de fait le cher de la défense nationale. c·c,t lui qui animait les e;;prits et les cœurs de sa confiance intrépide. C'est à son énergie qu'allaient le, énergies. ~l"" Roland a cru l'accahler en disant quïl avait jeté dans les armées des hommes de la Révolution, en répétant, ct·après Servan, qu'il les anil • empoisonnées de Cordeliers•· li y jetait de, force,, ibrantes: mais c'élail des armes aus,i et des chefs qu'il leur fournissait. Je trouve un détail saisissant dans le récil de Lalouche-Cheftel, le médecin qui surprit le secret de la conspiration bretonne de la Rouerie. C'est à Danton qu'il en parla d'abord: • En causantavecDrnlon, je lui fisparl de ce qui se tramait. Nons étions alors dans les convul,ions qui précédèrent le Dix Aoùl. et la cl;nsc en resta là. ~loi-môme, distrait par les é•vénrrnenls qui se rnccé,lèrent si rapidement à Paris, je n'y pensais plus ... L, 2-septembre, je me renils rhez Dwton, alors ministre dr la juslire, que je ne pus voir et qui me fil donner re11dec-vo11psour le lendemain 3 à six heures du malin. li me rr~nt dans son cabinet où étaienl Fabre d'Églantine et Camille Dwnoulin,. Il e,l inutile de détailler ici noire conversation. li ,umt de dire que je ne sortis du mi11istère de la justice qu'avec l'ordre el la commission de me rendre en Bretagne pour y accélérer le déparl de l'artillerie qu'on faisait venir de Bresl el Lorient en toute hàte pour les plaiues de la Cha·1•pagne. Il ne ful pas m~rne question de la Rouerie. » Ou du moins Lalouchc-Cheflcl ne veut pas l'avouer, Mais comme on saisit sur le vif !"action de Danl!'n, utilisant tout~s les forces et les utilisant à toute fin, se ~c·rvanl de L1louche-Cheflel pour hâter l'expédition du matériel el pour rnrvriller la contre-révolu Lion! El c'est au matin de la nuit sanglante de septembre, que levé à l'aube, lui, le grand paresseux, el sans s'allar Ier à gémir ou à craindre, il hAle de tout ~on elTort la concentration des armes, des fusils, des canons, contre l'enrnhisseur. DJrnouriez n'eul tout son ressort, Loule sa liberté d'esJJril que parce quïl
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==